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Actualités - Chronologie

Les milices politiques font leur apparition au Kenya

«L’émergence des milices doit être tuée dans l’œuf», écrit dans un éditorial le quotidien indépendant «The Nation», en dénonçant l’impunité avec laquelle des bandes de jeunes casseurs ont pu semer le chaos lors de récentes manifestations, au départ pacifiques, sous l’œil indifférent voire bienveillant des forces de l’ordre.
Le parti au pouvoir, la KANU (Union nationale africaine du Kenya), de par ses moyens importants, semble être le plus enclin à recruter des jeunes chômeurs, pauvres et désœuvrés, qu’il paie pour faire dégénérer les manifestations de l’opposition en batailles rangées.
De jeunes militants zélés, ils sont devenus des commandos para-militaires, parfois vêtus de treillis et opérant comme une force de police parallèle, seul le béret les différenciant des redoutés policiers anti-émeutes de la «GSU» (General Service Unit).
Ils sont maintenant connus sous le nom swahili de «Jeshi la Mzee», c’est-à-dire «l’armée du vieil homme», ou «vieux sage», autrement dit le président Daniel Arap Moi, 72 ans, au pouvoir depuis 1979 et candidat à sa succession.
Le 26 juillet, pour la première fois, le gouvernement avait autorisé un rassemblement organisé à Mombasa (sud-est) par l’opposition, qui réclame depuis des mois l’ouverture de négociations pour des réformes constitutionnelles.
Tout semblait donc devoir se passer calmement. Mais en début de matinée, des groupes de jeunes ont été vus dans plusieurs quartiers de la ville, notamment au siège local de la KANU d’où ils sont partis en camion vers le lieu du rassemblement de l’opposition.
Ils brandissaient des bâtons portant des écriteaux pro-gouvernementaux. Puis, en descendant du camion, ils ont roulé les pancartes autour des bâtons, qu’ils empoignaient fermement en marchant vers le rassemblement.
Ce jour-là, la police n’était pas de leur côté et les a éloignés, avant que la foule ne chasse à coups de pierres un responsable local de la KANU, considéré comme un provocateur.

L’autre journal indépendant «The Standard» expliquait quant à lui que la tentative de déstabilisation n’avait pas abouti, parce que plusieurs centaines de jeunes avaient exigé d’être payés (200 shillings, soit moins de 4 dollars) avant d’aller à la bataille. «Pas d’argent, pas de chaos», auraient-ils dit.
Le lendemain, Cheikh Khalid Balala, opposant et prédicateur islamiste influent à Mombasa, lui-même entouré de jeunes gens parfois très nerveux et prêts à en découdre, mettait en garde contre «le recrutement de bandes de jeunes pour déclencher le chaos», de «tels groupes pouvant facilement devenir des milices armées privées».
Il donnait l’exemple de Brazzaville, mise à feu et à sang par des milices rivales.
«L’émergence des milices doit être tuée dans l’œuf», écrit dans un éditorial le quotidien indépendant «The Nation», en dénonçant l’impunité avec laquelle des bandes de jeunes casseurs ont pu semer le chaos lors de récentes manifestations, au départ pacifiques, sous l’œil indifférent voire bienveillant des forces de l’ordre.Le parti au pouvoir, la KANU (Union nationale africaine du Kenya), de par ses moyens importants, semble être le plus enclin à recruter des jeunes chômeurs, pauvres et désœuvrés, qu’il paie pour faire dégénérer les manifestations de l’opposition en batailles rangées.De jeunes militants zélés, ils sont devenus des commandos para-militaires, parfois vêtus de treillis et opérant comme une force de police parallèle, seul le béret les différenciant des redoutés policiers...