Lors d’une conférence de presse à Bagdad, le ministre irakien du Pétrole, Amer Rachid, a déclaré que son pays allait s’efforcer «d’exporter pour deux milliards de dollars d’ici au 6 décembre», conformément à l’accord dit «pétrole contre nourriture» relevant de la résolution 986 de l’ONU.
Le ministre a indiqué que la capacité de production actuelle de l’Irak était de 2,5 millions de barils par jour, dont 700.000 allant à «la consommation intérieure et à la Jordanie», autorisée à acheter du pétrole en vertu d’une dérogation spéciale de l’ONU.
L’Irak, sous strict embargo international depuis sept ans, est autorisé depuis décembre par l’ONU, conformément à la résolution à exporter pour deux milliards de dollars par semestre — en deux tranches — pour acheter des vivres et des médicaments.
Le général Rachid a par ailleurs affirmé que son pays était «toujours prêt» à exporter du pétrole via la Syrie, avec laquelle l’Irak a amorcé un rapprochement en mai dernier, après la rupture des relations en 1980.
«La décision de rouvrir l’oléoduc dépend cependant du gouvernement syrien, qui avait décidé de le fermer» en 1982, lorsque les frontières entre les deux pays avaient été fermées, a-t-il dit.
L’accord «pétrole contre nourriture» a été reconduit pour une nouvelle période de six mois en juin, mais Bagdad a unilatéralement décidé de suspendre le même mois ses exportations, pour protester contre les retards dans l’approbation des contrats humanitaires par le comité des sanctions de l’ONU.
Il avait annoncé qu’il ne les reprendrait qu’après l’approbation par l’ONU du plan d’achat et de distribution de vivres soumis par l’Irak, ce qui a été fait lundi.
Réservoirs pleins
La deuxième phase de l’accord donne à l’Irak 90 jours, soit jusqu’à début septembre pour exporter du brut pour un milliard de dollars.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU a rejeté la semaine dernière une demande irakienne de repousser ce délai pour compenser les deux mois perdus depuis la suspension des exportations.
Le général Rachid a répété que l’Irak avait «jusqu’au 6 décembre pour exporter pour deux milliards de dollars de brut, plus une quantité permettant de payer les 140 millions USD de redevances à la Turquie pour l’usage de l’oléoduc irako-turc», conformément à la résolution de l’ONU.
Le ministre a indiqué que l’Irak avait soumis mardi aux experts pétroliers de l’ONU à New York «une proposition pour la fixation des prix du brut» et qu’il espérait qu’elle serait approuvée rapidement par le comité des sanctions.
Le général Rachid a indiqué que plusieurs compagnies pétrolières avaient approché son ministère pour conclure de nouveaux contrats.
«Nous sommes prêts, nous avons beaucoup de demandes et des représentants de plusieurs compagnies se trouvent actuellement à Bagdad», a-t-il dit, indiquant que son pays privilégierait en premier lieu «les compagnies des pays amis».
Il a indiqué que «les réservoirs de pétrole à Ceyhan (Turquie, sur la Méditerranée, où débouche l’oléoduc irako-turc) sont actuellement pleins de brut prêts à l’exportation».
Au cours des six premiers mois de l’application de la résolution, l’Irak avait exporté du brut à raison de 750.000 bj. Les experts estiment généralement la capacité d’exportation de l’Irak entre 1,3 et 1,6 mbj. Avant la crise du Golfe en 1990, Bagdad avait une capacité de production de 3,5 mbj et son quota OPEP était de 3,14 mbj. (AFP)


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