Selon l’Institut de recherche économique munichois, la faiblesse du mark a provoqué un boom des exportations, moteur d’une accélération de la croissance à 2,25% en 1997 et 2,75% en 1998 dans un contexte de faible inflation.
Le gouvernement doit profiter de cet «environnement optimum» pour mettre en place des réformes vitales au niveau de la fiscalité et de l’emploi afin de ne pas passer à côté d’une chance unique de briser les rigidités qui maintiennent le chômage à un niveau élevé, affirme l’Ifo dans son rapport semestriel publié mardi.
L’institut a fondé ses prévisions de croissance sur un dollar stabilisé entre 1,80 et 1,90 mark en 1998 et un léger relèvement des taux de la Bundesbank.
Mais si le mark et les autres devises européennes poursuivent leur chute due aux craintes de faiblesse de l’euro, les banques centrales pourraient se voir contraintes de resserrer de manière significative leur politique afin de mettre leurs économies à l’abri d’une inflation importée.
L’autre scénario possible, bien que plus improbable, est que les spéculations sur un report du lancement de l’UEM entraînent une hausse du mark et ne viennent contrecarrer le boom des exportations.
Willi Leibfritz, économiste de l’Ifo, a affirmé qu’il lui était possible d’imaginer qu’une progression du dollar au dessus de 1,90 mark déclenche des sonnettes d’alarme à la Bundesbank et la force à prendre quelques mesures pour attirer l’attention des marchés financiers.
Ces déclarations ont eu pour effet de faire grimper le dollar à plus de 1,88 mark, un nouveau plus haut de huit ans, dans un marché qui spécule toujours sur une hausse du taux d’intervention de la Bundesbank pour enrayer la chute de la devise allemande.
«Globalement les conditions pour une poursuite de la reprise économique sont favorables mais il subsiste des risques réels, notamment en relation au projet d’Union économique et monétaire», selon l’Ifo.
Pour l’institut munichois, le phénomène «d’économie partagée» entre un secteur exportateur florissant et un investissement et une consommation privée intérieure stagnants devrait disparaître progressivement et la croissance des exportations se propager à la demande intérieure en 1998.
Ainsi le chômage pourrait être réduit à 4,26 millions de personnes, 11,1% de la population active, en 1998 contre 4,3 millions de sans-emploi (11,3%) en 1997. L’an dernier le taux de chômage était de 10,3% en Allemagne.
«Si les réformes nécessaires ne sont pas entreprises maintenant mais reportées après les élections (prévues en octobre 1998), nous perdrons un temps précieux, nous n’enverrons pas de signaux positifs et courons le risque d’avoir une réforme à un moment moins favorable», explique l’Ifo.
La commission parlementaire de conciliation, qui réunit majorité et opposition, n’a pu parvenir à un accord sur le projet de réforme fiscale, à laquelle est opposé le Parti social-démocrate, majoritaire au Bundesrat.
Le projet de réforme fiscale, que le gouvernement entend mener à bien, vise une réduction d’impôts de 30 milliards de marks nets d’ici 1999 et un allègement de la fiscalité des entreprises dans l’espoir de relancer l’investissement et l’emploi.
L’Ifo prévoit pour 1997 un taux d’inflation de 1,75%, progressant à 2,0% en 1998, et un déficit budgétaire équivalent à 3,3% du PIB. (Reuter)

