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Actualités - Chronologie

Démarches pour le rattachement de l'industrie agro-alimentaire à l'agriculture

Les industries agro-alimentaires constituent, sans conteste, l’un des premiers créneaux productifs à haute valeur ajoutée. Première des branches industrielles quant à la production et seconde quant à l’exportation, cette branche de l’agro-alimentaire emploie 16% du total de la main-d’œuvre industrielle (le secteur industriel emploie au total presque 18% de la main-d’œuvre locale).

Branche prometteuse et hautement compétitive de l’industrie libanaise, elle souffre aujourd’hui, sans doute plus que toute autre branche, des maux du passé et notamment de l’absence d’une étude globale établissant une interdépendance entre l’agriculture et la production industrielle y afférente.
Les dernières mesures de «protection» agricole adoptées par le gouvernement ont confirmé le malaise agricole mais ont aussi démontré la prise de conscience des autorités que l’on est, en l’occurrence, devant une impasse. Or quelle autre solution que de penser, enfin, à lier l’industrie à l’agriculture et orienter cette dernière vers des cultures et plants exploitables dans l’industrie?
Cela en ayant présent à l’esprit les soucis tout à fait justifiés des industriels de la branche en question de pouvoir être approvisionnés en produits agricoles de qualité. Mais la qualité n’est pas tout puisque d’autres conditions de genre, de goût (degré d’acidité, etc..) pèsent lourd quant à la qualité du produit à la sortie de l’usine.

Faciliter le financement
à l’agro-alimentaire

Il est heureux dans ce sens que des commissions mixtes réunissant des responsables des ministères de l’Agriculture et de l’Industrie ainsi que les membres du «syndicat des industries agro-alimentaires» aient été créées à l’effet d’élaborer ensemble et mettre en application les mesures appropriées le cas échéant.
A ce propos, le premier ministre M. Hariri s’est engagé à présider et dynamiser «la commission économique supérieure» qui serait formée des ministres de l’Economie et du Commerce, l’Industrie, l’Agriculture et du ministre d’Etat pour les Affaires financières.
Il est à rappeler à ce propos que le PNUD, Programme des Nations Unies pour le développement, a affecté le montant de 70.000 dollars américains à l’élaboration d’une étude portant sur «les capacités de production agricole dans la région de Baalbeck-Hermel» à l’effet justement de rattacher l’agriculture aux industries agro-alimentaires. Cela, quitte à ce que cette étude soit plus tard complétée par une étude globale sur le développement du secteur de l’agro-alimentaire.
Il est d’ailleurs à préciser dans ce sens que le «syndicat des industries agro-alimentaires» a effectué des contacts avec des responsables de la compagnie IFC, International Food Corporation, rencontrés lors de la Conférence des amis du Liban à Washington à l’effet d’obtenir son assistance quant à la définition des caractéristiques de la politique de développement des industries agro-alimentaires ainsi que celui du secteur agricole au Liban.
Par ailleurs, l’élaboration de l’étude globale sur l’agro-alimentaire serait réalisée par le groupe européen: FMC, «Food Machinery Group». M. Hariri a promis d’aider le syndicat à financer cette étude.
Le premier ministre s’est également engagé à encourager toutes les mesures précises visant à faciliter le financement agricole et industriel. A ce propos, le premier ministre pourrait bien présider lui-même «le conseil pour la promotion des exportations», dont la création est attendue depuis au moins deux ans à présent. Cela d’ailleurs à l’instar des dirigeants étrangers qui se font les premiers ambassadeurs de leurs industries à l’étranger (proches de nous les exemples égyptien, tunisien et jordanien).

Concurrence de
la betterave,
et du tabac

En tête des requêtes principales du «syndicat des industries agro-alimentaires», figurent également la possibilité d’ouvrir la voie aux importations en fonction des besoins de la production et de l’exportation (cela à travers un couloir douanier accompagné de compensations douanières saisonnières), l’orientation des agriculteurs vers des cultures destinées à l’industrie. Les industriels de l’agro-alimentaire demandent aussi à ce qu’il soit mis un terme aux subventions accordées aux cultures concurrentes à la production agricole destinée à l’industrie et notamment les subventions à la betterave et au tabac.
Il convient de rappeler que la branche des industries agro-alimentaires compte quelques 4838 unités, c’est-à-dire plus de 20% des usines au Liban (selon le dernier recensement industriel organisé en 1994/1995), en comptant les boulangeries et pâtisseries. En fait il faut compter près de 2200 industries grandes et moyennes.
Il est aussi à rappeler qu’il s’agit là de la branche qui offre le plus grand éventail de débouchés à l’emploi, d’autant plus qu’il est lié à plusieurs autres secteurs dont l’agricole, bien entendu mais aussi le commercial et qu’il entraîne l’activation d’autres industries comme l’emballage.
Pour conclure notons que l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel, l’ONUDI, relève trois domaines où un effort d’investissement, à la fois utile et générateur de profit pourrait être envisagé pour les PMI, petites et moyennes industries: l’agro-alimentaire, les matériaux de construction, les nouvelles technologies, et surtout l’informatique.
Nayla ABI KARAM
Les industries agro-alimentaires constituent, sans conteste, l’un des premiers créneaux productifs à haute valeur ajoutée. Première des branches industrielles quant à la production et seconde quant à l’exportation, cette branche de l’agro-alimentaire emploie 16% du total de la main-d’œuvre industrielle (le secteur industriel emploie au total presque 18% de la main-d’œuvre locale).Branche prometteuse et hautement compétitive de l’industrie libanaise, elle souffre aujourd’hui, sans doute plus que toute autre branche, des maux du passé et notamment de l’absence d’une étude globale établissant une interdépendance entre l’agriculture et la production industrielle y afférente.Les dernières mesures de «protection» agricole adoptées par le gouvernement ont confirmé le malaise agricole mais ont aussi...