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Actualités - Chronologie

Pour garder le troupeau : un satellite

Deux vaches charolaises et un petit cheval ariégeois disposent cet été, sur leur paturage auvergnat, d’un gardien de troupeau peu ordinaire: un satellite qui, dans le cadre d’un programme d’étude de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), surveille leurs allées et venues.
Ces travaux, menés par des chercheurs du centre de l’INRA de Theix (Auvergne, centre), sont axés sur le rôle des herbivores dans la gestion de l’espace rural en zones sensibles, comme la moyenne montagne auvergnate, dont le paysage, progressivement envahi d’arbustes, buissons et genêts, se dégrade et s’appauvrit.
Dans le Massif central, région montagneuse du centre de la France, le nombre d’exploitants agricoles diminue, ceux qui restent privilégient les terres les plus faciles à exploiter.
«Les pâturages d’altitude – les «estives» – sont de plus en plus délaissés, le paysage se ferme par des broussailles», explique Didier Micol, l’un des chercheurs.
«Dans le même temps, la demande sociale est de plus en plus marquée pour des espaces naturels entretenus, ouverts à la fréquentation touristique ou de la population locale», souligne-t-on à l’INRA. Et les méthodes traditionnelles d’entretien de l’espace sont en recul: le broyage mécanique des végétaux coûte cher, les traitements chimiques ne sont plus à l’ordre du jour en raison des risques de pollution.

Batterie de
cinq kilos

Les chercheurs auvergnats ont donc axé leurs efforts sur l’aptitude des herbivores domestiques à entretenir l’espace en consommant la ressource végétale. Notamment en testant la complémentarité entre vaches et chevaux: leurs habitudes alimentaires différentes, les uns mangeant les zones de pâturage refusées par les autres, contribuent, selon les chercheurs, «à une meilleure gestion de la végétation».
Ils ont rassemblé dans une estive proche du Puy-de-Dôme, à 1.000 mètres d’altitude, trente-six génisses charolaises et douze chevaux Merens, une race rustique originaire de l’Ariège. Les animaux ont été répartis en deux troupeaux différents, l’un composé de génisses seules, l’autre de génisses et chevaux.
Pour surveiller leurs habitudes de déplacement, les scientifiques n’ont trouvé d’autre solution que le satellite: «Il nous aurait fallu autrement une douzaine de personnes», souligne Didier Micol.
Deux fois par semaine, une jument, Garance, et deux vaches, sont équipées d’un appareil d’enregistrement relié au système satellitaire GPS (Global Positioning System), qui offre une précision de trois mètres. Toutes les cinq secondes, pendant 24 heures, l’appareil reçoit un signal qui permet ensuite d’élaborer des graphiques établissant avec précision leurs déplacements.
Tous les animaux du troupeau sont par ailleurs équipés en permanence d’un autre enregistreur, permettant de situer la position de leur tête, et donc le moment où ils broutent.
L’équipe de l’INRA a ainsi établi que les chevaux effectuaient chaque jour une moyenne de dix kilomètres, contre six pour les vaches, mais que si les génisses sont associées aux chevaux, elles parcourent alors 7,2 kilomètres par jour.
A la fin de l’expérience, les animaux auront parcouru chacun environ 1.600 kilomètres. Avec un petit effort supplémentaire pour Garance et ses deux compagnes reliées à GPS: le budget de l’INRA ne permettant pas l’achat de batteries légères au lithium pour alimenter l’appareil d’enregistrement, elles doivent s’accomoder de batteries au plomb de cinq kilos... (AFP)
Deux vaches charolaises et un petit cheval ariégeois disposent cet été, sur leur paturage auvergnat, d’un gardien de troupeau peu ordinaire: un satellite qui, dans le cadre d’un programme d’étude de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), surveille leurs allées et venues.Ces travaux, menés par des chercheurs du centre de l’INRA de Theix (Auvergne, centre), sont axés sur le rôle des herbivores dans la gestion de l’espace rural en zones sensibles, comme la moyenne montagne auvergnate, dont le paysage, progressivement envahi d’arbustes, buissons et genêts, se dégrade et s’appauvrit.Dans le Massif central, région montagneuse du centre de la France, le nombre d’exploitants agricoles diminue, ceux qui restent privilégient les terres les plus faciles à exploiter.«Les pâturages d’altitude –...