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Actualités - Chronologie

Les cigognes balisent

A partir du 15 août environ, six balises Argos posées sur le dos de cigogneaux devraient permettre aux chercheurs du CNRS de Strasbourg (nord-est) de suivre pour la première fois leur migration, un voyage de quelques mois qui mènera les jeunes échassiers d’Alsace en Afrique.
L’émetteur, d’un poids de 90 grammes, retenu dans un harnais, a été installé début juillet entre les ailes du volatile par une équipe du Centre d’écologie et physiologie énergétiques (CEPE) du CNRS, dirigée par Yvan Le Maho, qui a mis au point ce projet grâce notamment à Electricité de France et de Strasbourg et au centre des cigognes d’Hunawihr.
Jour après jour, la balise révèlera la route, aujourd’hui imprécise, du migrateur. Des oiseaux bagués retrouvés morts, victimes de chasseurs ou des lignes haute-tension, tracent une voie théorique qui passe par l’Espagne et le détroit de Gibraltar pour arriver au Mali. A moins que les oiseaux n’élisent le Maroc, où ont été recensées des populations sédentaires et nicheuses, comme zone d’hivernage.
«Là, explique Thierry Zorn, l’ingénieur responsable du programme, les oiseaux trouvent à la fois l’environnement et la nourriture correspondant à leurs besoins».
Les cigognes resteront presque trois ans en terre africaine, le temps d’acquérir leur maturité sexuelle. Puis, au printemps 2000, elles reviendront sur le site même de leur naissance pour leur première reproduction, avant de prendre un cycle de migration annuelle. «On peut comparer la fidélité de la cigogne à son nid à celle du saumon qui remonte la rivière descendu auparavant pour gagner la mer», raconte Thierry Zorn.

Sédentarisation
forcée

Mais les chercheurs seront dans l’impossibilité de suivre le cycle entier de cette première migration. Les piles qui équipent les balises Argos rendront l’âme au bout d’une année. L’équipe du CEPE devra donc se contenter des informations que l’émetteur enverra au cours du seul voyage aller.
«Le vol dure entre 2 et 3 mois», hésite Thierry Zorn. La balise permettra de lever ce doute, mais aussi de déterminer les temps de repos observés durant la migration.
«Une étude effectuée par des chercheurs tchèques sur une cigogne noire, reprend Thierry Zorn, a montré que celle-ci s’était arrêtée une semaine avant de traverser le Sahara, histoire de reprendre des forces. La traversée a duré 5 ou 6 jours durant lesquels la cigogne ne pouvait ni s’alimenter ni boire».
Si les piles le permettent, les chercheurs pourront aussi analyser le comportement de l’échassier sur sa zone d’hivernage. «Que font les cigognes sur place? s’interroge Thierry Zorn. Se déplacent-elles peu ou couvrent-elles un large périmètre afin de trouver leur nourriture? Volent-elles seules ou en groupe, la cigogne se caractérisant a priori par un comportement plutôt solitaire».
C’est vers la mi-août que les cigognes s’élèveront dans le ciel alsacien. Même si les six cigogneaux sont les petits de couples sédentaires, leur instinct migratoire devrait être intact. «Ce n’est qu’au bout de trois ans que l’oiseau, maintenu en captivité, perd cet instinct», explique Thierry Zorn.
La sédentarisation forcée a été nécessaire pour reconstituer la population alsacienne des cigognes, proche de l’extinction dans les années 70. La région compte aujourd’hui près de 300 cigognes adultes. (AFP)
A partir du 15 août environ, six balises Argos posées sur le dos de cigogneaux devraient permettre aux chercheurs du CNRS de Strasbourg (nord-est) de suivre pour la première fois leur migration, un voyage de quelques mois qui mènera les jeunes échassiers d’Alsace en Afrique.L’émetteur, d’un poids de 90 grammes, retenu dans un harnais, a été installé début juillet entre les ailes du volatile par une équipe du Centre d’écologie et physiologie énergétiques (CEPE) du CNRS, dirigée par Yvan Le Maho, qui a mis au point ce projet grâce notamment à Electricité de France et de Strasbourg et au centre des cigognes d’Hunawihr.Jour après jour, la balise révèlera la route, aujourd’hui imprécise, du migrateur. Des oiseaux bagués retrouvés morts, victimes de chasseurs ou des lignes haute-tension, tracent une voie...