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Actualités - Chronologie

Pour beaucoup de palestiniens, les kamikazes sont des héros


Les Palestiniens, désespérés par un processus de paix qui leur a surtout apporté chômage et bouclage des territoires, sont nombreux à considérer comme des héros les deux kamikazes (dont l’identité est pourtant remise en cause à la suite de tests génétiques effectués par la police israélienne) qui se sont fait exploser sur le souk juif de Jérusalem-ouest.

Beaucoup d’habitants des territoires se déclarent convaincus que la violence est leur seul recours contre la politique de faits accomplis menée par le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
«Je condamnais autrefois ce genre d’attaques et je pense que c’est une tragédie humaine. Mais après cette dernière attaque, je ne ressens absolument rien. Je ne peux pas me résoudre à la condamner», affirme Maysa Hassan, une dentiste de Bethléem, en Cisjordanie, âgée de 28 ans.
«Les choses ne peuvent, de toutes façons, pas être pires. Le processus de paix est mort et la colonisation continue», souligne-t-elle.
Peu de sympathie est perceptible pour les 13 personnes tuées par les deux kamikazes palestiniens lorsqu’ils ont fait exploser leurs bombes au milieu du marché.
Les personnes interrogées préféraient exprimer leur amertume devant un processus de paix qui, en quatre ans, n’a apporté aucune perspective quant à la fin de l’occupation israélienne.
«Les kamikazes sont des héros qui rejettent l’humiliation et l’oppression imposées à leur peuple», affirme un étudiant de 24 ans de l’université Najah de Naplouse, qui demande à conserver l’anonymat.
«Il est nécessaire que de telles opérations visent des civils, afin que les Israéliens boivent à la même coupe que nous goûtons chaque jour», poursuit-il.
«Netanyahu et les Israéliens nous traitent comme des cafards», répond en écho un habitant de 32 ans de Bethléem, qui préfère lui aussi rester anonyme. «Je soutiens ce genre d’opérations», dit-il.
Pour les Palestiniens, le principal responsable des attentats est M. Netanyahu, accusé de consolider l’occupation en poursuivant la colonisation juive des territoires.
«C’est là le cœur du «processus de paix», explique l’étudiant de Naplouse: les ennemis palestiniens du processus sont appelés des terroristes, alors que les ennemis israéliens du processus sont élus au poste de premier ministre».
«Nous avons tendu une main pacifique aux Israéliens, mais ils l’ont coupée», affirme Moustapha Zboum, un ouvrier en bâtiment de 26 ans habitant Bethléem. «Netanyahu doit comprendre que nous pouvons faire autre chose que toujours demander la paix», dit-il.
«J’ai d’abord soutenu les accords d’Oslo (sur l’autonomie) quand ils ont été signés. Je pensais que nous pourrions réaliser certains de nos espoirs et mettre un terme à nos souffrances. Mais nous n’avons fait que souffrir encore plus et les choses n’ont pas arrêté de se dégrader», ajoute-t-il.
Certains Palestiniens regrettent cependant les attaques car Israël interdit alors l’accès de son territoire aux ouvriers. «Comment vais-je nourrir ma famille maintenant qu’Israël a bouclé les territoires? Dieu maudisse tous les politiciens», se lamente Khaled Jamous, un ouvrier de Naplouse âgé de 42 ans, qui travaille en Israël.
Mais d’autres se disent prêts à accepter les rétorsions, comme cet entrepreneur de Bethléem, qui fait des affaires avec Israël. «Une telle attaque me renvoie six mois en arrière, moi et ma famille», explique-t-il. «Et pourtant, j’ai moins envie de la condamner que dans le passé».
Au début du mois, un militant du Hamas est mort dans un appartement de Bethléem en préparant une bombe qu’il voulait utiliser pour une attaque anti-israélienne.
Son corps a été porté en triomphe dans les rues de la ville par plusieurs milliers de personnes qui l’ont honoré comme un «martyr», une victime de l’oppression israélienne. (AFP)
Les Palestiniens, désespérés par un processus de paix qui leur a surtout apporté chômage et bouclage des territoires, sont nombreux à considérer comme des héros les deux kamikazes (dont l’identité est pourtant remise en cause à la suite de tests génétiques effectués par la police israélienne) qui se sont fait exploser sur le souk juif de Jérusalem-ouest.Beaucoup d’habitants des territoires se déclarent convaincus que la violence est leur seul recours contre la politique de faits accomplis menée par le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.«Je condamnais autrefois ce genre d’attaques et je pense que c’est une tragédie humaine. Mais après cette dernière attaque, je ne ressens absolument rien. Je ne peux pas me résoudre à la condamner», affirme Maysa Hassan, une dentiste de Bethléem, en...