Préoccupé par une chute des recettes pétrolières et une croissance négative en 1994, le royaume, premier producteur de brut au monde, avait annoncé il y a trois ans un plan de privatisations et de réduction des subventions.
Mais aucune des entreprises de l’Etat n’a été cédée au secteur privé, le gouvernement ayant maintenu par exemple sa participation de 70% dans le groupe industriel Saudi Basic Industries Corporation (SABIC).
Après un effort de rigueur financière en 1995, avec le relèvement du prix de l’électricité, les subventions pèsent toujours aussi lourd sur le budget de l’Etat. Elles s’élèvent à 7,1 milliards de ryals (1,89 milliard de dollars) dans le budget 1997.
«La plupart des réformes n’ont pas encore été mises en œuvre et les dépassements de dépenses prévues ont repris», a relevé un banquier basé à Ryad.
«Le problème est que le gouvernement n’a toujours pas établi un plan clair de réformes et qu’un tel plan risque de rester en veilleuse si les prix du brut demeurent élevés et que le déficit budgétaire est maîtrisé», a-t-il ajouté.
Ryad avait annoncé des coupes budgétaires, le transfert partiel au secteur privé des services publics de l’eau, de l’électricité et des communications, et une réduction progressive des subventions, notamment à l’agriculture.
En 1996, le gouvernement a profité de la hausse des prix du pétrole pour rembourser près de 22 milliards de ryals (5,86 mds USD) d’arriérés dus aux agriculteurs et aux entrepreneurs.
Ces paiements ont porté les dépenses réelles à 51,8 mds USD, contre un plafond prévu de 40 mds USD, maintenant le déficit budgétaire à près de 4,5 mds USD.
La dette intérieure publique a continué à grimper. Elle devrait atteindre 86% du Produit intérieur brut en 1997, contre 82% du PIB l’année dernière, d’après un économiste occidental.
«Le gouvernement est fortement tenté d’augmenter ses dépenses pour stimuler l’économie en raison de la hausse des prix du brut», a estimé un banquier séoudien.
Les prix du pétrole ont atteint en 1996 près de 20 dollars, leur niveau le plus élevé depuis 15 ans, apportant au moins 8 mds USD supplémentaires au Trésor séoudien.
Les cours du brut sont restés à un bon niveau pendant le premier semestre 1997 et devraient se maintenir jusqu’à la fin de l’année au-dessus de 16 à 16,5 dollars le baril, prix sur lesquels table le budget séoudien. (AFP)


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