Les travaux de l’équipe de Bernie Devlin, de Pennsylvanie (University of Pittsburg School of Medicine et Carnegie Mellon University, Pittsburg) suggèrent que le rôle de l’hérédité (des gènes) sur le QI, mode d’évaluation de l’intelligence, est moins important que certains spécialistes ne le proclamaient jusqu’ici.
La période prénatale, «souvent considérée comme négligeable», pourrait compter pour 20% au moins dans les scores de QI des jumeaux et pour 5% dans ceux des non-jumeaux, selon ces chercheurs, qui ont analysé 212 études de QI.
Le partage d’un même environnement maternel avant la naissance pourrait ainsi expliquer les fortes corrélations de QI trouvés chez les jumeaux, particulièrement chez ceux qui ont été élevés séparément, relèvent les auteurs.
Les facteurs génétiques seraient par conséquent moins importants que les Américains R. Herrnstein et C. Murray ne l’avaient avancé dans leur publication au vitriol, «The Bell Curve», paru en 1994.
Selon le modèle de Devlin, le QI ne serait qu’à 50% attribuable aux gènes. Une confirmation de ces résultats irait à l’encontre des thèses défendues par les auteurs de «The Bell Curve». Selon eux, la transmission héréditaire de l’intelligence est si puissante que les sociétés occidentales, l’américaine notamment, évolue vers un système à deux castes: la masse, au potentiel intellectuel limité, que dirige une élite restreinte au quotient intellectuel supérieur, hérité des parents.
L’environnement influerait essentiellement sur le QI lors des toutes premières années de la vie, ou avant la naissance, en affectant directement le développement du cerveau, selon un concept en vogue, commente un psycho-généticien américain, Matt McGue, dans «Nature».
Dans ce débat sur l’inné et l’acquis, conclut-il, «les recherches convergent cependant dans le sens d’une capacité intellectuelle humaine à forte base biologique, mais malléable», influençable par des facteurs d’environnement (nutrition, conditions de la grossesse, éducation....). (AFP)


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