«J’ai pris plaisir à répondre aux policiers jusqu’à 03h00 du matin, et j’aurais bien continué, mais les policiers étaient fatigués. En fait, c’était une discussion, et les enquêteurs m’ont clairement indiqué que les soupçons concernant mes activités illégales supposées ou celles de mon parti n’étaient pas fondés», a-t-il affirmé, après avoir passé huit heures avec les enquêteurs.
Un célèbre
“ refuznik ”
Ex-militant des droits de l’homme et célèbre «refuznik» (candidat soviétique à l’émigration), le ministre israélien est passé maître dans l’art de répondre aux interrogatoires policiers à l’occasion de ses nombreux «entretiens» avec le KGB soviétique au cours de ses neuf années passées au Goulag, en ex-URSS.
Juste avant d’être entendu par la police, M. Chtcharansky avait nié à la télévision israélienne avoir jadis tenté d’aider M. Lerner à ouvrir un établissement bancaire en Israël.
Il a aussi nié que ce dernier avait exercé un chantage sur lui, notamment en le menaçant de ne plus subventionner un cercle du parti russophone Israël Be Alya (7 députés) à Ashkelon, dans le sud d’Israël.
M. Chtcharansky a reconnu qu’une association qu’il présidait, avait touché un don de 100.000 USD de M. Lerner.
L’affaire Lerner
Selon les enquêteurs, M. Lerner cherchait par des relations en haut lieu à se prémunir contre des poursuites et à obtenir notamment l’autorisation d’acheter ou de créer une banque en Israël afin de blanchir de l’argent sale.
La Banque d’Israël a opposé une fin de non-recevoir à ce projet mais a en revanche permis à M. Lerner de créer une société d’investissements à Herzlya Pitouach, localité huppée située au nord de Tel-Aviv.
Détenu depuis plus de deux mois, M. Lerner, 47 ans, qui a pris le nom de Zvi ben Ari en Israël où il a immigré, est notamment soupçonné d’avoir détourné quelque 85 millions de dollars en Israël et en Russie et d’avoir cherché à corrompre des hommes politiques.
La police le soupçonne également d’être impliqué dans le meurtre d’un banquier russe et dans une tentative d’assassinat d’un autre banquier à Moscou, mais n’a jusqu’à présent pas réussi à établir un acte d’accusation en bonne et due forme.
Députés et ministres
entendus à titre
de témoins
Sept députés et anciens ministres israéliens de l’opposition ont été entendus ces dernières semaines comme témoins dans l’affaire Lerner. Ils ont été interrogés sur un financement de la campagne électorale travailliste au printemps 1996 proposé par M. Lerner.
Ce dernier avait notamment suggéré de diffuser des spots sur une chaîne de télévision câblée en langue russe sous son contrôle.
Un autre ministre en titre, M. Youli Edelstein (Intégration des immigrants) du parti Israël Be Alya, a aussi été convoqué par la police pour interrogatoire. (AFP)


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