«Maintenant, les choses vont aller très vite. Nous voulons profiter encore de la protection du marché», a déclaré à l’AFP M. Marek Foltynowicz, membre de la direction de Nafta Polska, holding d’Etat qui regroupe les sept raffineries polonaises, le grand distributeur CPN et les principales sociétés de transport et de stockage de produits pétroliers.
Le 16 juillet dernier, Nafta Polska a décidé qu’un consortium dirigé par la société de conseil Dresdner Kleinwot Benson piloterait la privatisation. Elle devra «analyser la situation économique, financière et juridique» du secteur, «évaluer (sa) valeur» et «préparer l’appel d’offres», indique un communiqué de Nafta Polska.
L’appel d’offres sur l’achat d’entre 20% et 30% des actions de «deux centre de profits» organisés autour des plus grandes raffineries, celles de Plock et de Gdansk, «pourra être annoncé avant la fin de 1997», a dit M. Foltynowicz.
Toutefois, il est peu probable que la privatisation du secteur, longtemps retardée, soit très rapide, estiment certains investisseurs potentiels.
«Le gouvernement se leurre en croyant qu’il trouvera quelqu’un qui investira lourdement dans les raffineries polonaises, alors que l’Occident croule sous la surproduction», a indiqué à l’AFP le directeur d’un grand groupe pétrolier, qui a tenu à garder l’anonymat.
Le temps presse. Lassés d’attendre en Pologne, les pétroliers occidentaux ont déjà investi dans des raffineries en ex-RDA et en République tchèque. Au moment où seront levées les taxes d’importation pour les produits pétroliers grâce aux accords passés avec l’Union européenne, le raffinage polonais se trouvera dans une situation difficile.
Privées de toute concurrence, les raffineries manquent de savoir-faire et de technologies modernes. Ce n’est que depuis deux ans que Gdansk et Plock ont lancé des programmes d’investissement totalisant 1,5 milliard de dollars, soit la moitié de ce qui est nécessaire.
Les raffineries de Plock et de Gdansk sont également en train de créer leurs propres réseaux de stations-service — elles en ont respectivement 70 et 130 — pour s’assurer les débouchés.
Ancien monopole, le distributeur public CPN est fort de 1.360 pompes sur plus de 5.000 qui fonctionnent à travers le pays, la majorité d’entre elles appartenant à des petits propriétaires.
Pour inciter les investisseurs à acheter les raffineries, Nafta Polska y a rattaché un certain nombre de stations CPN.(AFP)


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