L’histoire retient en effet le nom du baron Empain qui créa vers la fin du 19e siècle, début du 20e siècle — cela avec le soutien politique du roi de Belgique Leopold II — un empire industriel et financier, dont les points forts au Moyen-Orient furent la construction du quartier de Héliopolis au Caire et différentes participations dans les chemins de fer.
Aussi en 1891 des financiers belges s’associent avec des Français dans le capital de la «Sociétés des chemins de fer ottomans économiques de Beyrouth-Damas-Hauran». En 1895, cette société commença l’exploitation de la ligne Damas-Beyrouth qui visait à diriger le plus de trafic possible vers le port Beyrouth (et non vers celui de Haïfa, relié par un chemin de fer britannique à Damas). Cette société belgo-française était d’ailleurs également actionnaire dans la «Compagnie impériale ottomane du port, des quais et des entrepôts de Beyrouth», laquelle société avait été créée en 1888 pour la construction et l’exploitation du nouveau port de Beyrouth. 15 ans plus tard, commente dans ce sens M. van der Pluym, une autre compagnie du groupe Empain, les ACEC, Ateliers de construction électrique de Charlerloi, enlèvera, aux sociétés d’électricité allemandes de l’époque qui venaient de lancer leur offensive commerciale, de grands contrats à Beyrouth et Damas.
Et le diplomate belge de souligner que cette perspective historique s’accompagne d’une perspective «qualitative». Cela en raison des similitudes existantes entre le Liban et la Belgique. En effet dans les deux cas il s’agit d’une économie de marché d’une société pluricommunautaire et multilinguiste et d’un système politique basé sur le consensus.
Balance commerciale
et reconstruction
Les exportations belges vers le Liban ont atteint en 1996 les 7,2 milliards de francs belges, enregistrant ainsi une augmentation de près de 10% par rapport à 1995. En 1995, note M. van der Pluym, ces exportations avaient déjà connu une augmentation de plus de 16% par rapport à 1994. Pour 1997 cette tendance semble se confirmer; en janvier et février les exportations du Benelux, vers le Liban ont augmenté de 27% par rapport à la même période de l’année précédente. Les deux postes les plus importants demeurent les diamants/pierres précieuses et le matériel de transport. Suivent ensuite les produits des industries chimiques et les machines et appareils.
La part du marché libanais dans l’exportation belge est réduite puisqu’elle représente 0,13%.
Le Benelux est de son côté, d’après les statistiques libanaises, le 18e fournisseur du Liban avec une part de marché de 1,46%.
Dans le domaine de la reconstruction, le bilan est à priori plus mitigé et les entreprises belges semblent moins présentes que certaines autres entreprises étrangères. Cela pour plus d’une raison. Cependant ceci ne signifie pas une absence totale des sociétés belges du marché de la reconstruction. Ainsi la «Compagnie belge de chemins de fers et d’entreprises», CFE, a récemment remporté un contrat de 15 millions USD pour la réhabilitation d’une station d’épuration à Tannourine (CFE exécutera ce contrat avec la société libanaise Ashada).
Il est à rappeler à ce propos que fin 1996 Tractebel Engineering, un des leaders mondiaux dans son domaine, avait signé avec Solidere un contrat d’environ 5 millions USD pour la supervision de la reconstruction des souks. Et la société Groven, qui opère au Moyen-Orient sous le nom de New Chamebel, avait pris en sous-traitance pour Hochtief-CCC les travaux de façade de l’aéroport.
M. van der Pluym souligne dans ce sens que «les enveloppes disponibles pour les entrepreneurs belges font preuve d’une confiance de la part des opérateurs sur le marché libanais».
Au niveau des banques commerciales, 4 accords cadres ont été conclus avec des banques libanaises pour un montant total de 750 millions de francs belges.
Le «Durcroire», l’assurance-crédit belge, a augmenté son plafond pour des opérations à moyen terme sur le Liban jusqu’à 3 milliards de francs belges; près de 79 millions USD au taux d’aujourd’hui.
Au niveau des protocoles financiers entre la Belgique et le Liban; un premier prêt de près de 1,7 millions USD avait été dépensé en 1991 un deuxième prêt d’environ 3,4 millions USD est en cours d’exécution. La société «Vigan» réhabilitera les silos du port de Beyrouth (le contrat est d’environ 60 millions de francs belges). Aussi, un consortium de sociétés belges, dirigé par la société Analis, équipera les laboratoires de «l’Institut de recherches industrielles» pour le même montant.
(Propos recueillis par
Nayla ABI KARAM)


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