M. Li, 69 ans, deuxième personnage du régime, dirige le gouvernement chinois depuis 1988 et doit démissionner à l’issue de son deuxième mandat en mars prochain.
Son successeur probable, selon tous les pronostics, devrait être le premier vice-premier ministre Zhu Rongji, également âgé de 69 ans.
Ancien maire de Shanghai, M. Zhu est à l’origine des grandes réformes économiques et financières de ces dernières années, ce qui lui a valu le surnom de «tsar de l’économie».
Mais la véritable inconnue du 15 Congrès, qui pourrait se tenir en septembre ou en octobre, est le futur poste de Li Peng, souligne-t-on dans les milieux diplomatiques et chinois.
«En tant que numéro deux du régime, il ne peut se contenter d’un simple rôle au sein du parti et va probablement exiger de continuer à avoir des responsabilités au sein de l’Etat», a estimé un diplomate occidental.
«Le numéro un Jiang Zemin a besoin du soutien de Li Peng pour obtenir la consécration suprême de ses pairs lors du congrès, mais il n’a pas non plus intérêt à lui abandonner l’un de ses postes», a-t-il ajouté.
Jiang, 71 ans, cumule les postes de chef de l’Etat, du parti et de l’armée, et depuis la mort en février du patriarche du régime Deng Xiaoping, il s’efforce de se débarrasser de l’étiquette de dauphin et veut être reconnu comme le digne successeur de son mentor.
Le numéro un chinois a obtenu une première consécration lors des cérémonies de rétrocession de Hong Kong le 1er juillet.
Les festivités organisées à Hong Kong et à Pékin ont été l’occasion de voir fonctionner de façon parfaite le tandem Jiang-Li.
Tous les analystes ont noté en revanche l’absence remarquée de Qiao Shi, président du Parlement, et troisième personnage dans la hiérarchie du régime.
«Qiao Shi est actuellement sur la touche et si cela est confirmé au congrès, Li Peng devrait logiquement lui succéder», a commenté un analyste chinois.
Agé de 73 ans, Qiao préside l’Assemblée nationale populaire depuis 1993 et s’est efforcé au cours des dernières années de lui conférer un rôle plus actif dans les affaires du pays.
«L’ANP monte en puissance au sein du régime et le poste de président permettrait à Li Peng de continuer à être reçu à l’étranger et à rencontrer des dignitaires étrangers en Chine», ajoute cet analyste.
D’autres rumeurs circulent à propos des futures attributions de Li Peng.
On évoque la possibilité de recréer le poste de président du parti, comme au temps de Mao Tsétoung, avec une vice-présidence qui reviendrait à Li Peng.
«Cela reviendrait à donner un droit de veto à Jiang Zemin, qui serait alors en mesure de s’opposer à des décisions du bureau politique. Le jeu politique serait totalement modifié», souligne un diplomate européen.
M. Jiang est actuellement secrétaire général du parti et sa voix compte autant que celle des 6 autres membres du tout puissant Comité permanent du bureau politique.
L’autre hypothèse serait de créer pour Li Peng le poste de secrétaire général adjoint du parti. «Mais Li n’aurait plus qu’un rôle d’apparatchik au sein du parti», relève ce diplomate.
Si la présidence de l’ANP semble le mieux correspondre aux ambitions de l’actuel premier ministre, il ne sera pas facile d’écarter Qiao Shi, qui conserve une influence dans les rangs du parti. Certains analystes pensent qu’il pourrait monnayer en échange de son retrait l’entrée au bureau politique de certains de ses «poulains», lui-même continuant à manœuver en coulisses. (AFP)


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