En juin 1996, le Pentagone avait admis que 20.000 anciens combattants, situés dans un rayon de 50 kilomètres autour du dépôt d’armes, étaient susceptibles d’avoir été exposés à des agents chimiques irakiens.
Les autorités militaires américaines ont également révélé, pour la première fois, que 26 soldats avaient souffert de problèmes qui pourraient avoir été provoqués par leur exposition à ce nuage de gaz irakiens.
Cette révision à la hausse intervient à la suite d’une nouvelle étude de la CIA du possible parcours du nuage de gaz sarin libéré par la destruction du dépôt de Khamisiyah en mars 1991, a indiqué le responsable.
Les simulations qui ont été faites ont ainsi permis d’établir que le nuage avait pu en effet voyager jusqu’à une distance de plus de 300 kilomètres pendant environ 72 heures, a-t-il précisé.
Selon le responsable du Pentagone en charge de ce dossier, Bernard Rostker, ce nuage a traversé non seulement des zones occupées par les troupes américaines mais aussi par des soldats syriens et égyptiens.
Le département américain de la Défense devrait également contacter des responsables britanniques et français, bien qu’il soit fortement improbable que des troupes de ces deux pays se soient trouvées sur le parcours du nuage toxique, a ajouté M. Rotsker.
Selon l’étude de la CIA, aucun soldat américain n’a été exposé à des doses suffisamment élevées pour provoquer un quelconque effet.
Cependant, 26 anciens combattants américains ayant servi dans la région ont affirmé aux enquêteurs du Pentagone qu’ils avaient souffert de diarrhées, de faiblesses et de troubles de la vision. Ces symptômes sont compatibles avec une exposition aux gaz innervants mais aussi avec la grippe, a affirmé M. Rotsker.
«Si l’on s’en réfère aux connaissances de la médecine actuelle, nous pensons que cette exposition ne provoque pas d’effet à long terme», a indiqué M. Rotsker.
Plusieurs milliers d’anciens combattants de la guerre du Golfe ont affirmé souffrir de différents maux, tels que douleurs de dos, amaigrissements, fatigue intense, regroupés sous le terme de «syndrome de la guerre du Golfe».
Le gouvernement américain s’est refusé pendant des années à considérer l’hypothèse d’une exposition éventuelle de soldats américains à des agents chimiques, en particulier du gaz sarin. Il a fallu attendre juin 1996 pour que le Pentagone l’admette enfin. (AFP)


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