Selon ce projet, préparé en vue de discussions sur un règlement définitif du problème palestinien, la capitale de l’entité palestinienne pourrait se situer à Abou Dis ou Ramallah, près de Jérusalem en Cisjordanie, mais à l’extérieur des limites municipales actuelles de la Ville sainte.
Un projet de double souveraineté à Jérusalem n’a pas été écarté, selon Maariv. Israël entend conserver sous son contrôle le territoire situé à l’intérieur des limites municipales mais admettrait «la centralité» de la zone périphérique de l’agglomération pour les Palestiniens et une sorte de «double souveraineté» pourrait être admise à Jérusalem-Est.
Israël entend installer des stations de pré-alerte de contrôle sur le territoire susceptible d’être alloué à l’entité palestinienne, selon ce projet.
Il serait interdit à celle-ci d’entrer dans une coalition militaire arabe, et elle ne serait pas non plus autorisée à produire des armements.
M. Shaï Bazak, porte-parole du premier ministre Benjamin Netanyahu, a confirmé que «divers projets sont à l’étude en vue des pourparlers sur le statut définitif des territoires de Judée-Samarie (Cisjordanie) et Gaza, mais aucun d’entre eux n’engage le gouvernement».
M. Netanyahu a pour sa part réitéré à la radio israélienne son opposition à la création d’un Etat palestinien indépendant.
«Il n’y a pas la moindre possibilité que j’accepte un tel Etat. Je ne suis pas non plus prêt à admettre une souveraineté étrangère sur Jérusalem, et la construction se poursuivra dans les colonies», créées dans les territoires arabes occupés depuis 1967, a-t-il déclaré.
Des pourparlers israélo-palestiniens sur le statut définitif des territoires ont été symboliquement lancés avant les élections israéliennes de mai 1996, mais n’ont pas repris depuis.
M. Netanyahu a suggéré d’en accélérer le rythme à partir de septembre afin qu’ils aboutissent en six mois, plutôt qu’en mai 1999 comme le prévoient les accords intérimaires d’autonomie signés en 1993 par Israël et l’OLP.
Selon ces accords, Israël devrait procéder en septembre à un second retrait militaire de Cisjordanie. Un premier retrait décidé en mars n’a pas été appliqué car les Palestiniens jugeaient son ampleur insuffisante.
Mise en garde
de Arafat
Il n’en reste pas moins que le chef de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat a mis en garde Israël et les Etats-Unis contre les risques d’une explosion généralisée en cas de blocage persistant du processus de paix.
Dans un entretien publié hier par le quotidien arabe basé à Londres, Asharq al-Awsat, M. Arafat a déclaré que «tout le monde doit savoir, notamment en Israël, que si le processus de paix n’avance pas sur le volet palestinien, toute la région se retrouvera sur une énorme poudrière».
«Je mets en garde contre le désordre et la guerre qui séviront dans la région si le gouvernement israélien n’active pas le processus de paix qu’il bloque et si les Etats-Unis n’agissent pas rapidement pour le sortir de l’impasse», a-t-il ajouté.
Selon M. Arafat, «les Américains ne s’intéressent pas aux problèmes de la région (…) et l’administration de Bill Clinton se comporte comme si elle n’est pas concernée par les malheurs qui frappent le processus de paix».
«Le lobby juif aux Etats-Unis exerce de fortes pressions pour paralyser l’administration américaine ou au mieux pour l’amener à briser l’isolement du gouvernement israélien sur la scène mondiale», a-t-il dit.
Pour le président palestinien, les initiatives européenne et égyptienne ne sont pas parvenues à infléchir la politique du premier ministre israélien qui «sape les fondements même de la paix».
«Les fondements de la paix sont: l’arrêt de la colonisation et de l’expropriation des terres palestiniennes, le redéploiement de l’armée israélienne en Cisjordanie, la libération des prisonniers palestiniens, l’ouverture de l’aéroport de Gaza et le lancement de travaux de construction d’un port dans cette ville», a ajouté M. Arafat.
Selon lui, «les Palestiniens, désireux de faire aboutir le processus de paix, montrent de la souplesse, mais ils ne peuvent plus faire de concessions car ils ont trop donné et il n’est plus question qu’ils en fassent de nouvelles». (AFP)


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