Le premier ministre britannique, Tony Blair, n’est pas parvenu à convaincre le dirigeant de la principale formation unioniste, David Trimble, de renoncer à l’exigence de désarmement préalable des républicains avant la participation de leur branche politique, le Sinn Fein, aux pourparlers multipartites.
Le dirigeant du Parti unioniste d’Ulster (UUP) a au contraire réaffirmé que l’IRA devait commencer à rendre les armes sous peine de faire dérailler le processus de paix.
Mais David Trimble s’est gardé de suivre les plus radicaux du camp unioniste en annonçant un retrait des pourparlers de Stormont Castle, à Belfast.
«Nous ne nous dérobons pas à nos responsabilités. Nous ne sommes pas dans une posture de retrait», a-t-il dit à l’issue de sa rencontre avec Blair au 10, Downing Street. Le chef de la principale formation politique unioniste se trouve néanmoins confronté à un dilemme sérieux.
Se retirer des pourparlers ferait de l’UUP le responsable du torpillage de la plus solide initiative de paix depuis le début du conflit nord-irlandais, en 1969.
Poursuivre les pourparlers l’exposerait en revanche aux critiques des plus radicaux du camp unioniste. Lundi soir, après avoir rencontré des dirigeants politiques protestants, le grand maître de la Loge orangiste, Robert Saulters, a ainsi réclamé que «tous les partis unionistes se retirent immédiatement, dans un acte d’unité et de solidarité, des pourparlers de Stormont».
Le chef de la puissante organisation protestante estime que «l’existence et le dessein (de ces discussions) servent uniquement à satisfaire les exigences sans fin des républicains».
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Invité de Channel Four, David Trimble s’est efforcé de se maintenir sur la ligne de crête. Il a assuré que l’UUP participerait à la prochaine session plénière des pourparlers de paix — dont le Sinn Fein est toujours exclu — mercredi à Belfast. Puis, sous-entendant que la trêve annoncée samedi soir ne suffisait pas, il a lancé un message à l’adresse de l’IRA et du Sinn Fein: «Je veux les entendre dire que la guerre est finie pour de bon».
A Londres, Tony Blair devait poursuivre hier ses consultations avec les dirigeants nord-irlandais. Après Trimble, il rencontrera des dirigeants du Parti démocratique unioniste (DUP), du révérend Ian Paisley, qui refuse d’entendre parler d’un dialogue avec le Sinn Fein.
«Le premier ministre doit s’entendre dire que la population d’Irlande du Nord n’accepte pas que l’IRA/ Sinn Fein entre dans le processus en conservant ses armes», a dit Peter Robinson, numéro deux du DUP.
Mais au cours du week-end, Martin McGuinness, chef négociateur du Sinn Fein avait prévenu: l’IRA ne remettra pas une seule cartouche aux autorités nord-irlandaises. (Reuter)


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