Après cinq reports, la Banque mondiale et la Commission européenne, qui organisent la conférence, ont donné à la mi-juillet leur feu vert, estimant que les conditions posées par les donateurs étaient enfin remplies par les entités, la Fédération croato-musulmane et la Republika Srpska (RS, République serbe).
Initialement prévue pour décembre 1996, la conférence, qui durera deux jours, est la troisième du genre. Elle constitue la poursuite d’un processus engagé dès la signature, le 14 décembre 1995, de l’accord de paix de Dayton, qui a mis fin à trois ans et demi de guerre en Bosnie-Herzégovine.
La communauté internationale a inscrit dans l’accord de Dayton sa volonté de contribuer à la reconstruction du pays, et s’est engagée en décembre 1995 à verser en tout 5,1 milliards de dollars jusqu’en 1999.
Arme financière
Quelques jours après la signature de l’accord, une première conférence des donateurs à Bruxelles débloquait en urgence 600 millions de dollars pour l’année 1996. Le total des engagements pour la même année a atteint 1,8 milliard de dollars lorsque 55 pays et 29 organisations, également réunis à Bruxelles en avril 1996, se sont engagés sur 1,2 milliard de dollars supplémentaires.
La tenue de la troisième conférence, qui doit permettre la mobilisation de 1,4 milliard de dollars pour 1997, a été retardée entre autres parce que les Serbes de Bosnie bloquaient une série de lois destinées à créer le cadre d’une économie commune à la RS et à la Fédération.
La communauté internationale exigeait la ratification de ces lois, mais les Serbes étaient opposés aux volets prévoyant la création d’une législation douanière et d’une banque centrale communes aux deux entités. Menacés de se voir privés d’aide pour 1997, les Serbes ont finalement cédé, et le Parlement commun a pu ratifier les lois économiques.
A moins d’un an du départ de la Force de stabilisation de l’OTAN (SFOR), programmé pour juin 1998, la communauté internationale veut s’assurer du fonctionnement des institutions communes prévues par l’accord de Dayton et dont l’existence est censée prévenir de nouveaux affrontements.
Pour cela, et pour obtenir l’application d’autres dispositions essentielles de l’accord, comme la liberté de circulation ou le retour des réfugiés, elle ne dispose que de la pression financière.
Projets d’urgence
Les Serbes de Bosnie avaient ainsi été exclus de la deuxième conférence des donateurs, en avril 1996, parce qu’ils n’avaient pas encore libéré leurs derniers prisonniers de guerre, en infraction à l’accord de Dayton. Puis, invités au dernier moment, ils avaient refusé de venir. Mercredi, en revanche, les Serbes sont attendus à Bruxelles.
Le dossier des criminels de guerre ne devrait pas manquer d’être pris en compte lors de la conférence. L’accord de Dayton oblige ses signataires à livrer les personnes inculpées au Tribunal pénal international (TPI), qui siège à La Haye, mais la plupart sont toujours libres.
En particulier, le fait que Radovan Karadzic, l’ancien président des Serbes de Bosnie, continue à exercer son pouvoir en coulisse est considéré comme l’un des plus sérieux obstacles à la poursuite du processus de paix.
Les projets d’urgence lancés en 1996 ont permis de reconstituer certaines infrastructures, même si les fonds promis n’arrivent que lentement. Plusieurs lignes de chemin de fer ont été réhabilitées et l’aéroport de Sarajevo rouvert au trafic commercial. Des milliers de logements sont en cours de reconstruction, et les services de base, comme l’eau, le gaz et l’électricité, ont été partiellement rétablis.
Mais les besoins restent énormes, et les dévastations subies par les infrastructures continuent de freiner l’activité économique, avec une production voisine de 10 pour cent du niveau d’avant la guerre. (AFP)


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