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Actualités - Chronologie

La malédiction du Che

En mai 1976, à Paris, l’ambassadeur bolivien Joaquin Zenteno Anaya est assassiné à bout portant, de trois balles de 7.65, par un commando qui signe l’attentat «Brigade Internationale Che Guevara». Le domicile de Régis Debray, ami français du révolutionnaire sud-américain, qui se trouvait alors à l’étranger, est fouillé de fond en comble par des policiers français.
Le nom de Joaquin Zenteno venait s’ajouter à une liste troublante et déjà longue de militaires boliviens de haut rang compromis directement dans la capture, la mort ou la disparition du mythique guérillero et qui devaient tous connaître un destin tragique, victimes, hasard ou pas, de ce qui a été appelé la «malédiction du Che».
«Comme si le fantôme du Che était revenu demander des comptes à ses assassins», écrit Paco Ignocio Taïbo II dans son livre «Ernesto Guevara, connu aussi sous le nom du Che». «D’après la rumeur populaire, le Che aurait organisé, de là-haut» tout cela, ajoute Taïbo II, qui écrit aussi: «On raconta, sans aucune preuve à l’appui, que les services secrets cubains menaient une opération de vengeance internationale».
«On pourrait croire que c’est «la vengeance de Toutankhamon», mais Guevara ne s’est jamais pris pour un pharaon», écrit de son côté Pierre Kalfon, dans son livre «Che, une légende du siècle». Pierre Kalfon cite un journaliste bolivien, Ted Cordova Claure, qui a été «frappé par la série des malheurs qui se sont abattus sur tous ceux qui ont eu quelque chose à voir avec la capture et la mort du Che». L’expression «malédiction du Che» est de lui.
En effet, au cours des quatorze années qui ont suivi l’assassinat d’Ernesto Guevara, l’Argentino-Cubain a été suivi dans sa tombe par huit de ses poursuivants, au cours d’une série invraisemblable d’accidents mortels, d’assassinats ou de morts étranges. Deux autres se sont évanouis dans la nature, un autre encore est devenu fou et un dernier ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant.

Crises d’asthme

Le général Zenteno, en tant que commandant de la VIIIe Division, avec le grade de colonel, avait transmis, le 9 octobre 1967, l’ordre d’exécuter le Che à la Higuera, le lendemain de sa capture dans la Quebrada del Yuro. Chargé des opérations de lutte anti-guérilla, il avait posé triomphalement pour les photographes aux côtés du cadavre du Che dont il conserva le fusil.
Selon les dernières biographies du Che qui viennent d’être publiées en France, dans cette liste surprenante figuraient, dans l’ordre chronologique et avec leur garde au moment des faits, le soldat Rojas, un président de la République en exercice, René Barrientos, le colonel Zacharias Plaza, le lieutenant Eduardo Huerta, le colonel Quintanilla, le lieutenant colonel Zelich, le chef de l’Etat major Torres et le général Ovando.
Début 1981, le général Gary Prado Salmon, qui, avec le grade de capitaine, commandait l’unité qui captura le Che, est grièvement blessé à Santa Cruz, d’une balle qui atteint la colonne vertébrale. Depuis, Gary Prado, paralytique, ne se déplace qu’en fauteuil roulant.
Les sous-officiers, Téran, qui tua le Che, et Huanca qui tua le Bolivien Reinaga, ont subi plusieurs traitements psychiatriques. On est sans nouvelles d’eux. Ils ont disparu dans la nature. Le médecin bolivien Moises Abraham Baptistta, qui avait coupé les mains du Che, a perdu la raison quelque temps plus tard. Quant à l’agent de la CIA, un Américain d’origine cubaine, Felix Rodriguez, présent lors de l’exécution du Che et qui prit des photos de son «Journal de Bolivie», il est tombé gravement malade à son retour à Miami, souffrant de violentes crises d’asthme… comme le Che. «J’ai conclu que c’était la malédiction du Che, ou que c’était psychologique», a déclaré Rodriguez. (AFP)
En mai 1976, à Paris, l’ambassadeur bolivien Joaquin Zenteno Anaya est assassiné à bout portant, de trois balles de 7.65, par un commando qui signe l’attentat «Brigade Internationale Che Guevara». Le domicile de Régis Debray, ami français du révolutionnaire sud-américain, qui se trouvait alors à l’étranger, est fouillé de fond en comble par des policiers français.Le nom de Joaquin Zenteno venait s’ajouter à une liste troublante et déjà longue de militaires boliviens de haut rang compromis directement dans la capture, la mort ou la disparition du mythique guérillero et qui devaient tous connaître un destin tragique, victimes, hasard ou pas, de ce qui a été appelé la «malédiction du Che».«Comme si le fantôme du Che était revenu demander des comptes à ses assassins», écrit Paco Ignocio Taïbo II dans...