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Actualités - Chronologie

La haute technologie fait voler les bateaux



Fruit du rêve fou de faire voler un bateau sur la mer, l’hydroptère du skipper Alain Thébault devrait revoir le jour en août dans les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire (ouest).

En 1994, les premiers essais de cet engin, le plus grand du genre, avaient été à la hauteur des espérances en matière de vitesse de déplacement, mais l’un des bras de liaison reliant la coque centrale aux flotteurs s’était rompu sous la force d’une forte vague.
L’accident avait entraîné la révision et l’amélioration de ce projet, véritable puzzle de haute technologie.
Trimaran lorsqu’il est au repos, l’hydroptère cache sous son ventre deux bras gigantesques qu’il peut déplier une fois qu’il prend de la vitesse. Ne reposant plus alors que sur deux «hydrofoils» et sur un gouvernail de profondeur, l’engin se trouve alors à 4 mètres au-dessus des flots, et pourra atteindre les 35 noeuds (65 km/h).
Les bras de liaison et les tirants sont fabriqués par l’Aérospatiale, les hydrofoils (sorte de patins maritimes) par Dassault Aviation, l’électronique a été conçue par Matra Défense et Dassault Electronique, les instruments de mesure par le CEA et l’ENSIETA (Ecole nationale supérieure d’ingénieurs en techniques d’armements), le mât par Matra et les voiles par le CNES.
La direction des Chantiers navals (DCN) a pris en charge la coque centrale et les flotteurs ainsi que le gouvernail de profondeur, les Chantiers de l’Atlantique (GEC Alsthom) se chargent de l’assemblage à Saint-Nazaire et un simulateur numérique de pilotage a été développé par Dassault en collaboration avec le ministère de la Recherche. Le tout est coordonné par la région des Pays de Loire (Ouest).
Un tel déploiement de technologie est justifié par la difficulté du projet: le principe du vol sur l’eau est largement maîtrisé pour les bateaux à moteur qui servent au transport des passagers, mais les contraintes qu’il impose aux bateaux à voile n’ont pas permis jusqu’ici de faire voler des navires de taille similaire aux grands multicoques de course.
Des spécimens d’hydroptères plus petits que celui d’Alain Thébault, 18 mètres de long sur 24 mètres d’envergure, ont déjà battu un grand nombre de records de vitesse, ce qui permet d’anticiper sur ses prouesses à venir.
Eric Tabarly avait, le premier, rêvé l’hydroptère et l’avait tenté en 1979 avec «Paul Ricard», mais les matériaux disponibles à l’époque étaient trop lourds pour permettre de voler. Tabarly confia la suite du projet à Alain Thébault, qui y a consacré toute sa vie depuis lors.
Aujourd’hui âgé de 34 ans, Alain Thébault, passionné de planche à voile et de planeur, était tout désigné pour poursuivre, puis faire comprendre aux ingénieurs de l’air comme à ceux de la mer, le rêve fou de l’hydroptère.
«L’hydroptère, c’est un peu comparable à la révolution connue au début du siècle dans le déplacement aérien, lorsque le principe archimédien du ballon a cédé la place à la portance dynamique de l’avion», souligne Alain Thébault, qui tiendra bientôt le palonnier de son hydroptère. (AFP)


Fruit du rêve fou de faire voler un bateau sur la mer, l’hydroptère du skipper Alain Thébault devrait revoir le jour en août dans les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire (ouest).En 1994, les premiers essais de cet engin, le plus grand du genre, avaient été à la hauteur des espérances en matière de vitesse de déplacement, mais l’un des bras de liaison reliant la coque centrale aux flotteurs s’était rompu sous la force d’une forte vague.L’accident avait entraîné la révision et l’amélioration de ce projet, véritable puzzle de haute technologie.Trimaran lorsqu’il est au repos, l’hydroptère cache sous son ventre deux bras gigantesques qu’il peut déplier une fois qu’il prend de la vitesse. Ne reposant plus alors que sur deux «hydrofoils» et sur un gouvernail de profondeur, l’engin se trouve...