Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Des milliers d'immigrantes forcées à la prostitution en Italie


Nigérianes, Albanaises, Russes, Polonaises, Roumaines, Bosniaques... entre 18.800 et 25.000 étrangères victimes de trafiquants sont forcées de se prostituer en Italie, indique une étude publiée à Paris par le Centre d’information et d’études sur les migrations internationales (CIEMI).
La majorité d’entre elles sont des célibataires ou des femmes seules, trompées par des promesses de mariage ou de «carrières artistiques» à l’étranger, mais certaines sont des divorcées ou des veuves, qui ont laissé des enfants dans leur pays, indiquent les travaux de trois chercheurs italiens, publiés dans le bimestriel du CIEMI, «Migrations-société».
Cette enquête est la première effectuée en Italie sur ce phénomène, qui touche également d’autres pays d’Europe. Selon elle, la période 1989-1991 a vu l’entrée en Italie de femmes d’Europe de l’Est (Russes, Ukrainiennes, Roumaines, Slovènes, Bosniaques, Hongroises…) souvent désignées par le terme générique de «Polonaises».
A partir de 1991, les arrivées de Latino-américaines (Péruviennes, Colombiennes...) se sont intensifiées, tout comme celles de Nigérianes. Ces dernières, «victimes de trafics» et de «pratiques mensongères», sont repérées dans les bidonvilles de Lagos ou les villages ruraux, par des intermédiaires locales appelées «Madam».

Des menaces

Enfin, depuis 1994, l’Italie a vu entrer des Albanaises d’origine urbaine, à l’initiative de proxénètes n’hésitant pas à «jeter dans la rue» leurs amies d’enfance ou leurs fiancées, en les faisant entrer clandestinement dans la péninsule, indique l’étude. Depuis 1995, le trafic s’étend à de jeunes Albanaises parfois mineures (14-18 ans) et enlevées dans des villages.
Les plus nombreuses sont les Nigérianes et les Albanaises. L’étude cite le chiffe de 4.500 prostituées en Lombardie, 5.000 dans le Latium (dont 3.500 à Rome), 2.000 en Campanie notamment, avec «une grande mobilité» (déplacements d’un jour, d’une semaine, d’une «saison»...) entre les régions ou les villes.
La prostitution s’exerce dans des appartements, des lieux publics, ou sous le couvert d’une autre activité (salons de massage, spectacles, strip-tease, «hôtesses», vidéos pornographiques...) sous le contrôle de réseaux de prostitution.
Elle a souvent pour but le remboursement de la dette contractée pour l’expatriation. Une fois en Italie, les souteneurs fournissent un logement à «des prix exorbitants», confisquent les passeports ou exercent «des menaces» sur la famille dans le pays d’origine.
La police intervient dans le cadre des lois réprimant le proxénétisme: en 1994, on note une prédominance d’Albanais et d’ex-Yougoslaves parmi les étrangers faisant l’objet d’une action pénale à ce titre.
La prévention de ces trafics, rappelle l’étude, passe par un travail d’information dans les pays d’origine, car l’émigration repose sur l’écart grandissant entre les conditions de vie dans ces pays, et les conditions «imaginées» dans le pays d’accueil. (AFP)

Nigérianes, Albanaises, Russes, Polonaises, Roumaines, Bosniaques... entre 18.800 et 25.000 étrangères victimes de trafiquants sont forcées de se prostituer en Italie, indique une étude publiée à Paris par le Centre d’information et d’études sur les migrations internationales (CIEMI).La majorité d’entre elles sont des célibataires ou des femmes seules, trompées par des promesses de mariage ou de «carrières artistiques» à l’étranger, mais certaines sont des divorcées ou des veuves, qui ont laissé des enfants dans leur pays, indiquent les travaux de trois chercheurs italiens, publiés dans le bimestriel du CIEMI, «Migrations-société».Cette enquête est la première effectuée en Italie sur ce phénomène, qui touche également d’autres pays d’Europe. Selon elle, la période 1989-1991 a vu l’entrée en...