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Actualités - Chronologie

La sécurité, principale motivation des électeurs libériens

La recherche de la paix et de la sécurité devrait être la principale motivation des électeurs appelés à choisir un président et un Parlement bicaméral samedi lors des premières élections libériennes depuis 1985.
Sept années d’une guerre civile meurtrière ont traumatisé les Libériens et détruit toutes les infrastructures du pays. Plus de 150.000 civils ont trouvé la mort pendant ce conflit opposant au moins sept factions armées. La majorité des habitants ont été contraints à l’exode, et plusieurs centaines de milliers de Libériens sont encore réfugiés dans les pays voisins. Les services de santé et d’éducation n’existent quasiment plus. La plupart des organisations humanitaires travaillent avec le minimum de moyens par crainte que ne se repètent les pillages à grande échelle survenus durant les sept semaines de combats à Monrovia en avril et mai 1996.
Il faudra énormément de temps et de travail pour que le Liberia retrouve un semblant de normalité avec la réouverture des écoles, des hôpitaux, le retour des réfugiés et déplacés dans leur région d’origine pour qu’ils puissent travailler à la reconstruction du pays. Il faudra surtout convaincre les investisseurs que le Liberia est à nouveau un pays sûr.
«Tout le monde attend que les élections se déroulent avant de faire des projets», estime un responsable des Nations Unies.
Les élections de samedi ont été présentées comme l’étape la plus importante d’un processus de paix dont plusieurs phases n’ont été pour certains qu’une parodie.
«Personne ne croit que le désarmement a été réellement effectué», lâche un membre d’une ONG.
En dépit de l’autosatisfaction de l’ECOMOG, la force ouest-africaine de paix, qui a organisé le désarmement entre novembre et février derniers, de nombreuses armes pourraient être encore dissimulées à travers le pays.
Selon les chiffres officiels, 21.000 combattants ont été démobilisés, en échange de quoi ils ont reçu un colis de nourriture, répondu à un questionnaire et empoché un coupon-emploi où figure la profession ou le type de commerce qu’ils souhaiteraient exercer.
Quelques emplois ont pu déjà leur être proposés dans des projets communautaires de reconstruction ou dans la plantation de caoutchouc Firestone.
«Un demi-sac de farine et un pantalon, ce n’est pas grand-chose pour un type qui est habitué à obtenir beaucoup plus avec son AK-47», estime un autre travailleur humanitaire.
M. Bart Witteveen, directeur de l’ONG britannique Save the Children Fund au Liberia, est plus optimiste quant à l’avenir des quelque 4.250 enfants-soldats officiellement démobilisés.
Pour lui, le mieux pour ces enfants est qu’ils retrouvent enfin leur famille. Pour cela, l’organisation a mis en place une importante base de données.
«Toutes les familles sans exception acceptent le retour de ces enfants-soldats. C’est dans le cadre familial qu’ils ont le plus de chance de s’en sortir», explique M. Witteveen, qui juge les psychothérapies à l’occidentale «peu adaptées à l’environnement culturel libérien».
Peu de Libériens considèrent les élections de samedi comme une panacée et une garantie immédiate de paix et de stabilité.
Les affrontements dans la Sierra-Leone voisine, où un coup d’Etat a renversé en mai le régime démocratiquement élu 14 mois plus tôt, sont observés de près.
«Le fond du problème est de savoir si oui ou non les factions armées ont bel et bien été démantelées. Si elles ne pourront pas renaître de leurs cendres, et si cette dynamique de transition peut perdurer», conclut M. Witteveen. (AFP)
La recherche de la paix et de la sécurité devrait être la principale motivation des électeurs appelés à choisir un président et un Parlement bicaméral samedi lors des premières élections libériennes depuis 1985.Sept années d’une guerre civile meurtrière ont traumatisé les Libériens et détruit toutes les infrastructures du pays. Plus de 150.000 civils ont trouvé la mort pendant ce conflit opposant au moins sept factions armées. La majorité des habitants ont été contraints à l’exode, et plusieurs centaines de milliers de Libériens sont encore réfugiés dans les pays voisins. Les services de santé et d’éducation n’existent quasiment plus. La plupart des organisations humanitaires travaillent avec le minimum de moyens par crainte que ne se repètent les pillages à grande échelle survenus durant les sept...