La Turquie a menacé mardi d’entamer un processus «d’intégration» avec le nord de Chypre si l’Union Européenne ouvre des négociations d’adhésion avec Chypre avant la résolution du problème de l’île.
«Si l’UE continue avec son attitude destructive, l’ouverture d’un processus d’intégration partielle entre la Turquie et la République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue uniquement par Ankara) sera inévitable», a déclaré à la presse le vice-premier ministre turc Bulent Ecevit.
«Par intégration partielle, nous entendons la poursuite de l’existence de la RTCN en tant qu’Etat indépendant, dont les affaires étrangères seraient conduites par la Turquie», a précisé M. Ecevit après une rencontre avec l’«ambassadeur» de Chypre du nord à Ankara.
La Commission européenne a adopté mardi à Strasbourg «l’Agenda 2000», un document prévoyant l’ouverture de négociations d’adhésion à l’UE avec cinq pays d’Europe de l’Est et la République de Chypre, partie grecque de l’île divisée, début 1998.
La Turquie et la RTCN avaient évoqué, dans un document signé en janvier dernier, la possibilité d’une telle «intégration» au cas où des initiatives seraient prises pour l’entrée de Chypre à l’UE sans l’accord de la Turquie.
Chypre est divisée depuis l’intervention de l’armée turque qui occupe le tiers nord de l’île depuis juillet 1974, suite à un coup d’Etat à Nicosie inspiré par les colonels, alors au pouvoir à Athènes et qui visait à rattacher l’île à la Grèce. C’est M. Ecevit, alors premier ministre, qui avait ordonné l’intervention de l’armée turque. (AFP)


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