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Actualités - Interviews

Cambodge : Sihanouk refuse de se poser en juge

Le roi Norodom Sihanouk du Cambodge a refusé dimanche de «juger» les récents événements au Cambodge, mais a enjoint le premier co-premier ministre Hun Sen de respecter la constitution et de rester «fidèle à ses serments».
Dans une interview accordée au Bulletin mensuel de documentation (BMD) publié à Pékin, où le souverain suit actuellement un traitement médical, Norodom Sihanouk a indiqué qu’il ne signerait aucun texte officiel qui pourrait lui être soumis «pour approbation» par le gouvernement de Phnom Penh.
«C’est à Chea Sim, chef d’Etat par intérim, de signer ces textes», dit-il, ajoutant toutefois: «Je ne m’opposerai pas aux signatures de celui-ci», qui est le président de l’Assemblée nationale.
A propos de la crise qui a éclaté il y a une semaine entre M. Hun Sen et l’autre co-premier ministre cambodgien, le prince Norodom Ranariddh, son propre fils, Norodom Sihanouk a refusé de dire si M. Hun Sen avait fait un «coup d’Etat».
«M. Hun Sen a déjà répondu à cette question. Moi, je suis loin de ma bien-aimée patrie. Par conséquent, je ne peux pas me poser en «juge», eu égard au «coup» ou «non-coup d’Etat» à Phnom Penh et dans le reste du Cambodge», poursuit le souverain.
«Mais tout ce que je me permets de demander (affectueusement) aux victorieux Samdech Hun Sen et PPC, c’est de respecter et d’appliquer tous les articles de notre constitution de 1993, de rester à 100% fidèles à chaque phrase de nos serments communs et de respecter tous les accords internationaux que nous avons signés entre 1991 et 1993 et entre 1993 et juin 1997».
Le PPC est le Parti populaire cambodgien, dirigé par Hun Sen.
La crise, qui couvait déjà depuis plusieurs mois entre les deux co-premiers ministres, s’est cristallisée autour du rôle futur que pourraient être appelés à jouer les Khmers rouges au Cambodge.
Persona non grata

Hun Sen accuse le prince Ranariddh d’avoir négocié en sous-main avec les dirigeants de la faction marxiste extrémiste pour s’assurer leur soutien en prévision des élections générales de l’an prochain. Hun Sen est formellement opposé à la participation des Khmers rouges, responsables de la mort de près de deux millions de Cambodgiens pendant leur régime d’avril 1975 à janvier 1979.
Profitant du départ en France du prince, le co-premier ministre a pris le contrôle de la capitale et déclaré Ranariddh persona non grata au Cambodge. Il a ensuite appelé le FUNCINPEC, parti royaliste, à désigner un successeur avec qui il se déclare à partager le pouvoir, comme le prévoient les accords de paix de Paris d’octobre 1991.
Interrogé sur la suspension par plusieurs pays, dont l’Allemagne, les Etats-Unis et le Japon, de l’aide accordée au Cambodge, le roi Sihanouk a demandé à ces Etats de poursuivre au moins leur aide humanitaire.
«Je souhaite qu’(ils) donnent directement aux bénéficiaires des aides humanitaires telles que des médicaments et autres choses aux hôpitaux où se trouvent beaucoup de blessés graves, ainsi que de la nourriture aux prisonniers», a-t-il déclaré. «Quant aux autres aides, cela dépend des donateurs, qui sont des pays souverains».
C’est la deuxième fois en l’espace d’une semaine que Norodom Sihanouk sort de son silence. Le 6 juillet, il avait demandé aux deux co-premiers ministres de venir dans la capitale chinoise pour régler leur différend à l’amiable, mais Hun Sen a refusé, demandant en revanche au souverain de rentrer au pays.
Le roi Norodom Sihanouk du Cambodge a refusé dimanche de «juger» les récents événements au Cambodge, mais a enjoint le premier co-premier ministre Hun Sen de respecter la constitution et de rester «fidèle à ses serments».Dans une interview accordée au Bulletin mensuel de documentation (BMD) publié à Pékin, où le souverain suit actuellement un traitement médical, Norodom Sihanouk a indiqué qu’il ne signerait aucun texte officiel qui pourrait lui être soumis «pour approbation» par le gouvernement de Phnom Penh.«C’est à Chea Sim, chef d’Etat par intérim, de signer ces textes», dit-il, ajoutant toutefois: «Je ne m’opposerai pas aux signatures de celui-ci», qui est le président de l’Assemblée nationale.A propos de la crise qui a éclaté il y a une semaine entre M. Hun Sen et l’autre co-premier...