Aucun de ces pays n’est actuellement prêt sur le plan économique et de l’acquis communautaire pour entrer dans l’UE, soulignent les avis de la Commission qui seront adoptés formellement le 15 juillet et annoncés formellement le lendemain au Parlement européen.
Ces avis font partie d’un Agenda 2000, qui comprend, outre l’élargissement, la réforme de la Politique agricole commune (PAC), la réforme des politiques structurelles et le cadre financier de l’UE pour la période 2000 à 2006.
Les négociations d’adhésion qui débuteront en janvier 1998 devraient être ouvertes uniquement avec cinq pays de l’Est: Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie et Estonie, auxquels il faut ajouter Chypre.
La Hongrie, la Pologne et la République tchèque sont les trois pays de l’Est les plus avancés dans leur préparation. Ils devraient pouvoir adhérer à moyen terme, à condition d’accepter des périodes de transition notamment dans le secteur agricole et agroalimentaire et celui de la libre circulation des personnes.
Selon les experts, les premières entrées ne se feront toutefois pas avant 2002 au plus tôt. Les plus réalistes parlent même de 2004 comme date des premières adhésions.
L’Estonie et la Slovénie ne sont pas au même niveau d’évolution que les trois pays d’Europe centrale. Mais ce sont des économies de marché qui pourront rejoindre l’UE le moment venu.
En revanche, la Commission ne recommande pas au stade actuel d’ouvrir des négociations avec les cinq autres pays candidats, la Slovaquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Lituanie et la Lettonie.
Pour l’exécutif européen, la Slovaquie ne respecte pas les critères démocratiques requis. Les quatre autres pays ne sont pas assez avancés sur le plan de l’acquis communautaire pour que l’on puisse envisager à moyen terme leurs adhésions.
Selon la Commission européenne, les négociations avec les pays de l’Est ne doivent pas se faire de manière groupée et la conclusion doit être différente pays par pays, selon les mérites propres de chaque candidat.
Parallèlement à ces négociations, l’Union européenne doit procéder à la réforme de la PAC et des aides structurelles, qui représentent près de 80% des dépenses du budget communautaire.
L’Agenda 2000 propose une baisse de 10 à 30% des prix garantis aux agriculteurs de l’UE, compensée partiellement par une hausse des aides directes. Les pays d’Europe de l’Est, où les prix agricoles sont beaucoup plus bas que dans l’UE, ne bénéficieraient à leur entrée ni de primes, ni de mesures de soutien dans le secteur agricole.
Le plafond des dépenses agricoles sera toutefois maintenu au niveau actuel de 45 à 46% du budget communautaire, la baisse des prix garantis étant partiellement compensée par la reprise dans le budget agricole des dépenses structurelles en faveur du développement rural.
Le plafond des dépenses structurelles serait également maintenu à 33% des dépenses globales de l’Union. Les fonds structurels accordés aux régions les moins développées et les fonds de cohésion accordés jusqu’à présent aux pays les moins riches de l’UE (Grèce, Portugal, Espagne et Irlande) seront dotés de 275 milliards d’écus (1 écu= 1,14 dollar) pour la période 2000-2006, contre 200 milliards d’écus sur la période 1993-1999.
Les pays d’Europe de l’Est recevraient 45 milliards d’écus sur cette somme. (AFP)


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