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Actualités - Chronologie

Privatisation Thomson-CSF : la bataille reprend malgré les incertitudes

Brutalement interrompue par l’arrivée de la gauche au pouvoir en France le 1er juin, la bataille autour de la privatisation de Thomson-CSF a repris cette semaine, alors même que l’incertitude demeure sur les intentions du nouveau gouvernement.
Après un mois d’attente prudente, tous les industriels qui convoitent le numéro un européen de l’électronique de défense ont profité de leur passage cette semaine devant la Commission de défense de la nouvelle Assemblée nationale pour plaider leurs dossiers, élaborés pour la procédure de privatisation de gré à gré lancée par le précédent gouvernement.
Bien que plusieurs responsables socialistes, dont le premier ministre Lionel Jospin, aient affirmé lors de la campagne électorale leur opposition à une privatisation de l’industrie de défense française, le nouveau gouvernement n’a jusqu’à présent pas interrompu formellement le processus lancé par son prédécesseur, qui demeure juridiquement valide jusqu’au 7 septembre.
Et les milieux industriels se sont repris à espérer que M. Jospin, qui a affirmé sa volonté d’examiner le dossier «sans tabous», finirait par accepter sous une forme ou une autre une privatisation du groupe public d’électronique de défense qu’attendent également ses principaux partenaires étrangers, comme le britannique GEC.
Pour l’instant, «la procédure en cours se poursuit, et les deux offres déposées restent valables et sont engageantes», a noté Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel qui, allié à Dassault, dispute la reprise de Thomson à Matra (groupe Lagardère).
Plaidant pour la poursuite pure et simple du processus de privatisation, M. Tchuruk et Serge Dassault, comme le PGG de Matra Noël Forgeard, ont repris presque sans changement devant les nouveaux députés l’argumentaire développé depuis des mois.
M. Tchuruk a ainsi réaffirmé que le projet Alcatel-Dassault, auquel est associé le groupe public Aérospatiale, permettrait d’effectuer «une restructuration presque complète des industries de défense française contrôlées en propre»: une allusion critique au projet beaucoup plus européen de Matra, accusé par Alcatel de «brader les intérêts français».
M. Forgeard a répliqué indirectement en soulignant que le projet Matra, auquel seront associés ses partenaires britannique British Aerospace et allemand DASA, apporterait un volume d’activité supérieur et garantirait à Thomson des alliances européennes plus favorables que le rapprochement avec GEC qui suivrait logiquement une fusion avec Alcatel.
Le directeur général de GEC George Simpson a réaffirmé mardi son intérêt pour une alliance avec Thomson-CSF, qualité de «partenaire naturel».
Seule concession aux préoccupations du nouveau gouvernement de gauche, tous les candidats à la reprise de l’électronicien de défense se sont déclarés ouverts au maintien d’une participation minoritaire de l’Etat dans le capital de la future société.
M. Forgeard a affirmé que «Matra est disposé au dialogue pour déterminer une solution satisfaisante pour tous», et serait notamment prêt à «accepter une participation de l’Etat si elle reste minoritaire».
M. Tchuruk a indiqué pour sa part qu’Alcatel était prêt à examiner tous les schémas qui garantiraient à son groupe «au moins 40% du capital» de Thomson-CSF. L’Etat, qui possède actuellement 58% du groupe d’électronique de défense, pourrait se contenter d’une «action spécifique» (golden share) pour assurer la défense de ses intérêts, a-t-il estimé.
Un point de vue développé également par Serge Dassault, tandis que le vice-président de Dassault Aviation Charles Edelstenne observait que «le simple apport de Dassault Electronique et des activités militaires et spatiales d’Alcatel ferait passer la part de l’Etat dans Thomson en dessous des 50%».
Le président de la Commission de la défense de l’Assemblée, le socialiste Paul Quilès, a toutefois estimé qu«il ne sert à rien pour l’Etat d’être dans le capital d’une entreprise si cela ne lui donne pas de pouvoir particulier».
«Il faut éviter le débat entre privatisation et nationalisation: la vraie question est de savoir quel pouvoir conserve l’Etat», a-t-il déclaré mercredi à la presse. (AFP)
Brutalement interrompue par l’arrivée de la gauche au pouvoir en France le 1er juin, la bataille autour de la privatisation de Thomson-CSF a repris cette semaine, alors même que l’incertitude demeure sur les intentions du nouveau gouvernement.Après un mois d’attente prudente, tous les industriels qui convoitent le numéro un européen de l’électronique de défense ont profité de leur passage cette semaine devant la Commission de défense de la nouvelle Assemblée nationale pour plaider leurs dossiers, élaborés pour la procédure de privatisation de gré à gré lancée par le précédent gouvernement.Bien que plusieurs responsables socialistes, dont le premier ministre Lionel Jospin, aient affirmé lors de la campagne électorale leur opposition à une privatisation de l’industrie de défense française, le nouveau...