Contraints de sévir devant le scandale soulevé après que Tyson eut été disqualifié pour avoir mordu les deux oreilles d’Holyfield, le 28 juin à Las Vegas, les cinq membres de la Commission ont inventé une nouvelle forme de sanction: l’interdiction de ring pour un an... renouvelable.
«Il y a là le potentiel d’une interdiction à vie», avait souligné Joe Rolston, procureur adjoint de l’Etat du Nevada, qui avait la charge de présenter l’acte d’accusation. «Je pense que le message est clair, que la commission ne tolérera jamais de tels actes», a surenchéri son président, Elias Ghanem, un médecin de Las Vegas, qui ajoutait: «Je ne sais pas dans quel état d’esprit je serai dans un an».
Une partie des spécialistes assimile le retrait de la licence à une interdiction à vie. Kevin Rooney, qui entraînait Tyson quand il est devenu, à 20 ans, le plus jeune champion du monde des lourds de l’histoire, a estimé qu’il s’agissait d’une «sentence de mort». Rock Newman, manager de Riddick Bowe, l’a qualifié de «lynchage hi-tech d’un homme noir, riche et célèbre».
A l’inverse, Oscar Goodman, un des avocats de Tyson, est plus optimiste: «Dans un an, ils me doivent une nouvelle audience. Les esprits se seront calmés. Si c’est la même commission, je suis sûr que vous verrez à nouveau Tyson boxer dans un an».
Encore beaucoup
de millions de dollars
Et Oscar Goodman d’expliquer: «Après un combat, il faut compter neuf mois avant que Tyson ne boxe à nouveau. Si je réussis l’année prochaine (à lui obtenir une nouvelle licence), il n’aura en fait été privé de boxe que pendant trois mois».
La double lecture du jugement l’a fait qualifier de «biblique, à la Salomon», par Ferdie Pacheco, commentateur de boxe de «Showtime», la chaîne câblée qui a retransmis les deux Tyson-Holyfield. «Vous êtes interdit à vie, mais au bout d’un an, il y a une possibilité d’ouverture. Cela satisfait le public. Cela satisfait le monde de la boxe et cela devrait satisfaire Tyson», encore sous contrat avec la chaîne pour un an.
La sanction prononcée par la Commission n’est en principe valable que dans le Nevada, mais les autres Etats américains devraient s’aligner, à l’exemple de l’Etat de New York, où le porte-parole de la commission de boxe a indiqué qu’il existait un «accord informel» entre les Etats pour respecter les suspensions et retraits de licence.
Il est également peu vraisemblable que Tyson, encore pour deux ans en liberté conditionnelle après trois années de prison (sur une condamnation à six ans pour viol), soit autorisé par le juge à aller boxer à l’étranger.
Il lui reste donc à attendre 12 mois. «Ils (les commissaires) ont le droit de ne jamais lui redonner une licence», a souligné le promoteur Kathy Duva.
«Qui sait ce qui se passera dans un an?», se demande-t-elle. «La réponse à toutes les questions est l’argent, répond en écho l’éditorialiste du Washington Post, jeudi. Tyson est la plus grande attraction de la boxe et sa notoriété est encore plus élevée maintenant. Son prochain combat amènera beaucoup de millions de dollars au Nevada. Il reboxera dans un an». (AFP)


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