Au premier jour de l’audition de témoins, la commission chargée de l’enquête sur le financement illégal de la campagne électorale 96 a entendu un ancien directeur financier du Parti démocrate, Richard Sullivan, chargé par le parti de recueillir 227 millions de dollars nécessaires pour ses fonds de campagne.
«Je suis fier du travail que j’ai accompli et je suis également fier de la façon dont ce travail a été fait,» a affirmé M. Sullivan, dont le parti est accusé de nombreux manquements à la législation sur le financement des campagnes.
Les républicains, qui disposent d’une majorité à la commission comme au Congrès, se sont employés à reprendre point par point les différentes accusations, tandis que les démocrates tentaient d’en minimiser l’importance.
Selon John Glenn, chef de file de la minorité démocrate à la commission, les infractions en question sont plus souvent des manquements à l’éthique que des violations de la loi et nécessitent en fait une réforme du système de financement des campagnes.
Sur 2,7 millions de contributions reçues par le parti entre 1994 et 1996, 172 seulement ont dû être retournées en raison de leurs origines suspectes, selon M. Glenn.
Revenus escomptés
Le président républicain de la commission, Fred Thompson, a tenté par ailleurs de faire la lumière sur qui était à l’origine de l’embauche par le Parti démocrate de John Huang, un Américain d’origine asiatique et un des personnages clés dans le scandale de collectes de fonds.
Au même moment à Madrid, M. Clinton reconnaissait être intervenu en faveur de John Huang pour qu’il obtienne un poste de collecteur de fonds au siège du Parti démocrate.
M. Huang a proposé de témoigner devant la commission en échange d’une «immunité partielle». La constitution américaine lui accorde en effet le droit de refuser de témoigner s’il risque de ce fait de s’incriminer.
Ancien employé du consortium indonésien Lippo, M. Huang est notamment accusé d’avoir sollicité des contributions de sources étrangères, notamment asiatiques. Il a recueilli 3,4 millions de dollars en l’espace de neuf mois au profit des démocrates, mais près de la moitié ont dû être remboursés.
La législation américaine autorise les partis à recueillir des fonds auprès des seules compagnies étrangères installées aux Etats-Unis ou d’étrangers vivant légalement dans le pays.
M. Huang, qui avait quitté d’importantes fonctions au département du Commerce pour gagner beaucoup moins en tant que collecteur du Parti démocrate, est également soupçonné d’avoir livré à l’étranger des informations confidentielles, concernant plus particulièrement la Chine.
M. Sullivan a affirmé toutefois n’avoir jamais eu vent de violations de la loi par M. Huang pendant la campagne électorale.
Il a aussi rejeté les accusations selon lesquelles M. Clinton aurait sollicité des fonds de la part de riches donateurs potentiels invités à prendre le café à la Maison-Blanche, à l’accompagner pendant ses déplacements en avion ou à passer la nuit à la Maison-Blanche.
Quelque 328 personnes, invitées par petits groupes en 1996 à rencontrer le président pour un café à la Maison-Blanche, ont versé près de 28 millions de dollars au Parti démocrate, selon des documents officiels. Certains chèques portaient la date même du jour où ils s’étaient rendus à la Maison-Blanche.
Un document du Parti démocrate fait, par exemple, référence à une invitation de plusieurs personnes à prendre le café à la Maison-Blanche le 17 janvier 1996 avec POTUS (le président des Etats-Unis).
Dans une colonne intitulée «revenus escomptés» figurait le chiffre de 400.000 dollars. Dans la colonne «revenus obtenus», la même somme de 400.000 dollars. (AFP)


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