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Actualités - Chronologie

Des chefs d'entreprises françaises explorent le marché libanais

Reçue par M. Roger Khayat, trésorier de la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth, la délégation économique du CPA de Côte d’Azur a été présentée hier à la presse libanaise dans les locaux de la CCIB. Cette première introduction au monde des affaires libanais a permis des échanges entre les 17 responsables d’entreprises françaises et les représentants des organismes économiques libanais. C’est un programme chargé pour un séjour de 10 jours qui a été organisé pour cette mission française dont la volonté de s’impliquer au Liban ne fait pas de doute.
Le Centre de perfectionnement aux affaires (CPA) n’est pas une école au sens traditionnel du terme. Bien que sanctionnant la fin d’un cycle de treize mois par un MBA (reconnu par le ministère de l’Education français), l’objectif est ici surtout de faire évoluer les mentalités et les idées des chefs d’entreprises au rythme de l’essor du monde des affaires. La dynamique de groupe est, d’ailleurs, le principal moteur de l’enseignement dispensé uniquement à des cadres supérieurs et des dirigeants d’entreprises de la région Nice-Marseille-Côte d’Azur.
La particularité de ce groupe est aussi d’être à la base d’une expérience unique qu’est le développement de «Sophi-Antipolis», dans les environs de Nice. Ce centre industriel représente aujourd’hui un pôle de technologie très important et parfaitement à la pointe de la modernité. Cette expérience pourrait trouver des résonnances au Liban qui semble avoir les qualités requises pour l’établissement d’un tel point névralgique. Ce centre de recherche pourrait rayonner sur la région, même si le projet est difficilement réalisable immédiatement en raison de son prix d’installation et de son coût élevé de fonctionnement. Dans l’attente, un relais par voie «internet» pourrait permettre de lancer une nouvelle coopération dans ces domaines entre la France et le Liban et par là, aider le Liban à se structurer au plan technologique.
Deuxième volet de la présence de ce groupe français plus de vingt missions précises ont été confiées par des entreprises françaises à cette délégation aux fins d’implication au Liban. Cette démarche augure-t-elle d’une volonté réelle du secteur privé français vers le Liban? Interrogé par «L’Orient-Le Jour», M. Khayat a voulu jeter les bases du débat: «Le processus de décision des chefs d’entreprises étrangères pour un investissement, quel qu’il soit, au Liban, est lié à plusieurs facteurs. Nos atouts résident dans l’ouverture des Libanais, une législation en place pour accueillir dans de bonnes conditions des investisseurs, une infrastructure physique moderne et un soutien financier important. Tout ce schéma est propice à l’implantation d’entreprises transnationales, de petite ou taille moyenne. Malgré cela, les investisseurs potentiels doivent dépasser les difficultés du Liban telles, la crise économique, vécue par tous les pays de la planète, ou encore, la guerre persistante au Liban-Sud et peut-être, la cherté du pays qui pourrait le rendre moins intéressant pour un industriel par exemple. Mais l’important est de comprendre qu’investir aujourd’hui au Liban reste beaucoup plus intéressant que d’attendre deux ans, lorsque le contexte libanais aura évolué et rejoint la mondialisation du système économique». Les missions dont sont investis les représentants français ont été exposées par MM. Jean-François Agostini et Julien Riera, membres de la délégation et directeurs de la CCNCA. Ces domaines sont: la parfumerie, la confiserie, l’industrie de l’aluminium et la protection industrielle, entre autres.
Au cours de cette réunion, M. Adrien Corbière-Medecin, directeur du CPA a relevé les similitudes de développement entre la région du sud de la France et le Liban: «Le tourisme d’affaires est un axe qui s’est développé dernièrement dans notre région; ce secteur représente aujourd’hui, 6 à 7 milliards de dollars par an dont 50% en devises étrangères; l’aéroport de Nice est aussi important et connaît le même développement que celui de Beyrouth. Les projets de développement «Euro-Med» et «Sophia Antipolis» sont partis de rien et aujourd’hui contribuent largement à l’essor de toute la région. En effet, à la base d’un développement est un centre de recherches et à la base d’un centre de recherches est une «école», un vivier de culture qui permet de construire des plans de développements cohérents et réalistes. C’est ce que propose le CPA».
Au Liban, notons que l’«ESA» doit jouer ce rôle et s’inscrit dans la même démarche que celle effectuée par la région Nice-Côte d’Azur. «La promotion 97 du CPA Méditerranée a eu le choix entre 200 pays à travers le monde pour l’organisation de cette mission. Le Liban a été le pays choisi en raison de son attachement à la culture française, mais aussi en fonction du dynamisme de sa reconstruction et son rôle potentiel de plateforme pour la région», nous précise M. Riera. A une dernière question à propos de l’évolution des mentalités des chefs d’entreprises, M. Riera répond: «La question de la pérennité de l’entreprise familiale ne se pose pas uniquement au Liban. En France aussi, certaines petites et moyennes entreprises hésitent à s’ouvrir à l’extérieur et les dirigeants-actionnaires préfèrent garder le contrôle de leur industrie plutôt que de la voir dirigée par un étranger. La solution réside justement dans l’organisation de cycles d’entraînement des chefs d’entreprises, à l’instar des sessions du CPA». M. Ries a souligné que «face à la mondialisation des marchés, il est nécessaire d’avoir l’intelligence et l’humilité de se rendre compte que l’on peut faire mieux; de là, une démarche d’ouverture devient naturelle. Le marché de toute façon pousse les dirigeants d’entreprises dans cette voie sous peine de disparaître rapidement».

Gérard DE HAUTEVILLE
Reçue par M. Roger Khayat, trésorier de la Chambre de commerce et d’industrie de Beyrouth, la délégation économique du CPA de Côte d’Azur a été présentée hier à la presse libanaise dans les locaux de la CCIB. Cette première introduction au monde des affaires libanais a permis des échanges entre les 17 responsables d’entreprises françaises et les représentants des organismes économiques libanais. C’est un programme chargé pour un séjour de 10 jours qui a été organisé pour cette mission française dont la volonté de s’impliquer au Liban ne fait pas de doute.Le Centre de perfectionnement aux affaires (CPA) n’est pas une école au sens traditionnel du terme. Bien que sanctionnant la fin d’un cycle de treize mois par un MBA (reconnu par le ministère de l’Education français), l’objectif est ici surtout...