La police a pris une initiative sans précédent dans son histoire, à en croire le directeur des relations avec la presse Joseph Ngubeni: convoquer dans un stade de la région, Vosloruus, les sangomas pour leur demander de faire appel à leurs connaissances divines pour tenter de situer l’enfant.
Les sangomas sont des guérisseurs usant de plantes et produits naturels, dotés en outre de dons qui leur permettent, selon la tradition, d’être en contact avec leurs ancêtres et de «voir» ainsi le présent et l’avenir en jetant «les os», comme on jette les dés. Personnages centraux de l’organisation sociale surtout rurale, il y aurait un sangoma pour 200 personnes, selon des estimations officielles.
La réunion a été convoquée sur les ondes de la radio nationale, a expliqué le capitaine Kobie Pohl, de l’unité de police chargée de la protection des enfants de Wadeville, chargée de la zone de Kathlehong, la cité noire où habitait la fillette. «Nous avons diffusé le message durant deux semaines. Nous voulions savoir ce que les sangomas avaient à nous dire sur ce sujet», a-t-il ajouté.
«La loi ne nous autorise pas à une telle démarche», a-t-il cependant reconnu, mais toutes les pistes tentées jusqu’à présent n’ont donné aucun résultat.
Indications
contradictoires
La police a toujours fait appel au public pour l’aider dans ses enquêtes, a indiqué M. Ngubeni. Dans ce cadre, a-t-il dit, les sangomas pouvaient apporter leur contribution comme n’importe quel membre du public. Mais c’est bien «la première fois que j’entends parler d’un tel appel», a ajouté le responsable.
La fillette, disparue le 25 mars de son domicile à Kathlehong, n’a cependant toujours pas été retrouvée.
Les sangomas ont donné des indications contradictoires. Pour certains, elle était vivante et devait être recherchée au Swaziland et dans d’autres lieux en Afrique du Sud. Pour un autre, Sifiso Khumalo, elle a tout simplement été noyée près de Kathlehong.
Aussi, les plongeurs de la police, accompagnés de chiens, se sont-ils rendus dimanche dans une mare proche de chez elle. Il n’y a eu aucun résultat, a déclaré au quotidien «Sowetan», le chef de l’équipe, le sergent Boyd.
Mais le sangoma a déclaré au quotidien qu’il n’était pas content du travail des enquêteurs et qu’il allait «envoyer ses propres hommes pour la chercher».
D’autres sangomas ont envoyé la police rechercher la victime dans une maison de Soweto, la plus grande cité noire d’Afrique du Sud, non loin de Kathlehong, ou dans les maisons de cette petite cité de quelque 200.000 habitants, a indiqué le quotidien Star. Les policiers sont rentrés bredouilles.
Un sangoma, Nhlanhla Mabanga, a déclaré au journal que la fillette n’avait pas été retrouvée parce que ses ravisseurs avaient utilisé «un très fort muti» (potion magique) destiné à résister aux «pouvoirs des sangomas».
Le responsable de l’enquête, le sergent Themba Mabuziko, qui s’est pour sa part rendu lui-même sur des pistes au KwaZulu-Natal et au Cap Oriental est déterminé à tout faire pour la retrouver et offre pour cela une récompense de 10.000 rands (2.200 dollars).
Deux suspects arrêtés ont été relâchés après versement d’une caution. (AFP)

