L’annonce par le secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, après sept heures de discussions ardues, que l’Alliance avait décidé d’inviter la Hongrie, la Pologne et la République tchèque à entamer des négociations d’adhésion correspondait à la position annoncée par le président Bill Clinton dès le 12 juin.
L’ouverture de l’OTAN à ses anciens ennemis de la guerre froide — l’initiative de politique étrangère la plus importante de M. Clinton depuis son arrivée au pouvoir, qu’il avait lancée en janvier 1994 — constitue donc d’abord un succès éclatant de la diplomatie américaine.
Mais alors que la Maison-Blanche entendait faire de ce sommet un triomphe absolu pour M. Clinton, celui-ci s’est trouvé placé sur la défensive toute la journée en raison du forcing effectué par la France jusqu’à la dernière minute en faveur des candidatures de la Roumanie et de la Slovénie.
Loin de la démonstration d’unanimisme sous direction américaine qu’espéraient les Etats-Unis, le sommet de Madrid a, en effet, donné lieu à une sorte de rébellion ouverte contre ce que de nombreux pays avaient perçu comme un «diktat» et un nouvel exemple de l’arrogance de Washington.
La manifestation publique de division à laquelle a donné lieu Madrid a ainsi été un cas unique dans l’histoire des sommets de l’OTAN, toujours réglés à l’avance jusqu’au moindre détail par la diplomatie américaine.
Le choix de seulement trois pays était en fait une affaire entendue, puisque l’OTAN fonctionne sur le mode du consensus, ce qui donne à chaque membre un droit de veto de fait. A plus forte raison lorsqu’il s’agit des Etats-Unis.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, M. Clinton ayant maintenu jusqu’au bout son opposition à une inclusion de Bucarest et de Ljubljana dans ce premier groupe.
Il a toutefois dû céder du lest à Paris en acceptant que la Roumanie et la Slovénie et les «développements positifs» survenus dans ces deux pays soient mentionnés dans le communiqué final en liaison avec la prochaine phase de l’ouverture à l’est de l’OTAN, pour laquelle une décision sera prise en 1999.
Les responsables américains, le secrétaire d’Etat Madeleine Albright et le secrétaire au Pentagone William Cohen en tête, ont ensuite souligné à satiété que le processus d’ouverture de l’OTAN ne faisait que commencer.(AFP)


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