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Actualités - Chronologie

Les derniers chypriotes grecs du Nord

L’appel, en arabe, à la prière qui s’élève de la mosquée toute neuve n’a pas l’air de perturber le groupe de Chypriotes-grecs absorbé dans une partie de jeu de cartes. «Enclavés», selon la terminologie de l’ONU, du village de Rizokarpas, dans le nord de Chypre occupé par la Turquie, ils ont appris à accepter les transformations culturelles et ethniques survenues dans cette partie de l’île au cours des 23 dernières années.
Leur église, autrefois centre de la vie du village, est écrasée par la silhouette du minaret de la mosquée, et ses cloches ne peuvent plus sonner, en vertu de la législation de la «République turque de Chypre du Nord» (RTCN), que seule la Turquie reconnaît.
«Nous avons appris à vivre ensemble. Il y a eu des temps difficiles, mais on a pris l’habitude», dit Demetris Akhi, un Chypriote-grec, chauffeur d’autobus.
Quelque 200.000 Chypriotes-grecs se sont réfugiés dans le sud et 65.000 Chypriotes-turcs sont venus s’installer en 1974 dans le nord, après l’invasion turque ayant suivi un coup d’Etat à Nicosie inspiré par les colonels alors au pouvoir à Athènes.
Mais environ 20.000 Chypriotes-grecs avaient voulu rester dans le nord, un chiffre qui est tombé à moins de 500 au fil des ans. Ils sont aujourd’hui un peu plus de 300 dans la péninsule lointaine du Karpas (nord-est) et 150 maronites, restés dans leurs quatre villages, dans le nord-ouest de l’île.
Selon les Chypriotes-grecs, le nombre des «enclavés» a diminué en raison des campagnes systématiques d’intimidation menées par les Chypriotes-turcs.
«C’est du nettoyage ethnique, pas moins. Ils ont été forcés à vivre dans des conditions rappelant le XIXe siècle et leurs droits élémentaires sont violés tous les jours», affirme Nicos Falas, président du Comité des Chypriotes-grecs du Karpas.

Cafés communs

Les rapports de l’ONU, du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne ne manquent pas de rappeler à la Turquie sa responsabilité dans ces violations.
Selon M. Falas, les «enclavés» sont privés de liberté de mouvement, harcelés par la police, et privés d’éducation et de soins médicaux.
Leurs cas seront parmi les principaux sujets des pourparlers entre le président chypriote Glafcos Cléridès et le «président» de la «RTCN» Rauf Denktash, sous l’égide de l’ONU à partir de mercredi près de New York.
A Rizokarpas, les contacts sont limités entre les 300 Chypriotes-grecs et les 2.000 nouveaux habitants, chaque groupe se retrouvant dans ses propres cafés.
Au café grec, un seul autocollant de la bière KEO, fait timidement exception dans un coin, parmi les nombreux insignes, drapeaux et autres affiches turques, dont un portrait de M. Denktash dans sa jeunesse.
Alors que les clients du café se plaignent des vexations de l’administration turque, le propriétaire Andréas affirme qu’il n’y a pas de conflit entre les deux communautés du village.
«Nous avons nos cafés, mais nous allons parfois les uns chez les autres», dit-il en se félicitant d’avoir gagné une partie de cartes contre de jeunes turcs.
Si ces Chypriotes-grecs ont voulu rester dans le nord, un certain nombre de Chypriotes-turcs voudraient retourner dans le sud.
Hasan Uluel avait huit ans quand sa famille a quitté Larnaca (sud) en 1974 vers un village du Karpass, par peur de représailles. «C’est mon rêve de revenir chez moi et de vivre avec mes amis d’enfance mais je ne crois pas que cela arrivera, car nous avons peur pour notre sécurité», dit-il, exprimant des craintes soigneusement entretenues par la propagande de la «RTCN». (AFP)
L’appel, en arabe, à la prière qui s’élève de la mosquée toute neuve n’a pas l’air de perturber le groupe de Chypriotes-grecs absorbé dans une partie de jeu de cartes. «Enclavés», selon la terminologie de l’ONU, du village de Rizokarpas, dans le nord de Chypre occupé par la Turquie, ils ont appris à accepter les transformations culturelles et ethniques survenues dans cette partie de l’île au cours des 23 dernières années.Leur église, autrefois centre de la vie du village, est écrasée par la silhouette du minaret de la mosquée, et ses cloches ne peuvent plus sonner, en vertu de la législation de la «République turque de Chypre du Nord» (RTCN), que seule la Turquie reconnaît.«Nous avons appris à vivre ensemble. Il y a eu des temps difficiles, mais on a pris l’habitude», dit Demetris Akhi, un...