De petite taille, rond, Norodom Ranariddh, premier co-premier ministre, ressemble de façon frappante à son père dont il possède la même énergie débordante. Toutefois, s’il aime à se définir comme «le continuateur du travail» du roi, il a toujours conservé une certaine indépendance vis-à-vis de celui-ci et il est notoire que leurs relations ont parfois été tendues, en particulier ces dernières années.
A la suite des élections organisées sous l’égide de l’ONU, en septembre 1993, il avait été nommé, avec le premier ministre sortant Hun Sen, à la tête du gouvernement par Norodom Sihanouk, intronisé roi du Cambodge le même jour, trente-huit ans après son abdication.
Né en 1944, fils de la première épouse de Sihanouk, la princesse Phap Kanhol, Norodom Ranariddh s’exile en France trois ans après la destitution de Norodom Sihanouk en 1970. Il y vit pendant près de vingt ans, se tenant résolument à l’écart de la politique intérieure de son pays.
Installé à Aix-en-Provence avec sa femme et ses enfants, il obtient un doctorat en droit public et enseigne le droit et les relations internationales.
En 1983, il abandonne sa carrière universitaire lorsque son père, alors en exil en Chine, lui demande de restructurer le FUNCINPEC et surtout l’ANS (Armée nationale sihanoukiste), alors complètement désorganisée.
Il s’installe en Thaïlande et reprend en main cette armée de résistance à l’occupation vietnamienne qu’il renforce considérablement. En octobre 1989, il mène, en collaboration avec l’armée de Son Sann, l’offensive lancée contre les troupes de Phnom Penh à la frontière nord du Cambodge.
Après avoir remplacé son père à la tête du FUNCINPEC en 1991, il mène la bataille pour les élections de 1993 où sa formation arrive en tête devant le PPC de Hun Sen.
Sa rivalité avec le leader du PPC n’est pas récente. En 1988, Norodom Ranariddh avait accusé Hun Sen, alors premier ministre, de ne pas être un «patriote» et de se comporter comme «un simple porte-parole du Vietnam».
Cinq ans plus tard, au lendemain des élections de 1993, il avait, dans un premier temps, refusé de former un gouvernement de coalition avec lui, l’accusant d’être «personnellement responsable des actes de violence et des meurtres visant des membres du FUNCINPEC».
Norodom Ranariddh est considéré comme l’un des deux principaux favoris à la succession de son père, même si ses conflits avec Hun Sen laissent planer des doutes sur sa capacité à obtenir un soutien suffisant au sein du Conseil du trône, l’organisme chargé de désigner les souverains. (AFP)


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