Les deux chaînes télévisées d’information en continu, CNN et MSNBC, ont retransmis en direct, depuis le centre de contrôle, l’atterrissage de la sonde sur Mars. A intervalles réguliers, elles diffusent un bulletin d’information sur les dernières tribulations du vaisseau et de Sojourner, son robot d’exploration.
Sur Internet, la NASA a enregistré vendredi 100 millions de consultations sur les 15 sites Web identiques que l’agence spatiale américaine a installées pour montrer en direct les images venues de Mars (www/jpl.nasa.gov/mpfmir).
«Le pays tout entier est fier de ce que vous accomplissez», a affirmé le vice-président Al Gore, lors d’un coup de téléphone de félicitations au centre de contrôle, évoquant les «nouvelles frontières» poussées plus loin dans l’espace par l’expédition. Le président Bill Clinton a parlé d’une «nouvelle ère dans l’exploration spatiale».
L’engouement des Américains pour ce voyage, si l’on peut l’évaluer à l’aune de la place qui lui est accordée par les médias, est cependant loin d’atteindre l’intérêt suscité par d’autres événements récents comme la rétrocession de Hong Kong.
Dans les magasins, aucun des gadgets qui accompagnent systématiquement les phénomènes de masse — comme les dinosaures sous toutes leurs formes, dont les enfants ne se lassent pas depuis la sortie du film «Jurassic Park» en 1993 — n’a fait son apparition.
Roswell, capitale des
extraterrestres
Mais l’expédition réveille un imaginaire bien ancré dans l’esprit américain. Pendant que Mars Pathfinder commence ses observations scientifiques, quelque 100.000 personnes convergent sur Roswell, une bourgade du Nouveau-Mexique, où, selon certains, une soucoupe volante se serait écrasée, avec ses occupants, il y a 50 ans.
L’armée américaine, accusée d’avoir récupéré en secret les restes de l’engin et des «extraterrestres», vient de publier un rapport où elle indique qu’il s’agissait de cibles radar et de mannequins utilisés pour des essais de chute libre. Mais 64% des Américains ne croient pas à ces explications, d’après un sondage de CNN.
La chaîne de télévision a baptisé ses bulletins d’information sur Mars «Voyage sur la Planète Rouge».
Sous le titre «Un vaisseau spatial atterrit sur la planète des rêves», le «New York Times» écrivait vendredi: «Pour la première fois depuis 21 ans, un vaisseau spatial terrestre va se poser sur Mars, largement parce que l’humanité espère ne pas être seule» dans l’univers.
La NASA a affirmé à de nombreuses reprises qu’elle n’attend de cette mission aucune confirmation d’une vie, passée ou actuelle, sur la planète rouge. Mais la question reste au centre des préoccupations, après la découverte en août dernier de possibles traces de bactéries dans des météorites provenant de Mars.
Mars Pathfinder s’est posé sur ce qui serait l’embouchure d’un ancien fleuve. La présence d’eau, autrefois, aurait pu y favoriser l’existence d’organismes vivants.
Si plus personne ne parle de «Martiens». Ils sont restés la référence de la science-fiction d’aujourd’hui, qui ne produit guère que des variations sur le thème des petits hommes verts.
Les extraterrestres continuent ainsi d’osciller, dans les productions d’Hollywood, entre les pacifiques créatures de Jonathan Swift, qui, au début du 18e siècle, décrivait, dans Les voyages de Gulliver, des habitants de Mars passant leur temps à examiner les corps célestes, et les terribles monstres d’Herbert G. Wells, envahissant la Terre dans la «Guerre des Mondes». (AFP)


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