Cette opération, sans doute prélude à plusieurs autres, répond à la nécessité de restructurer le secteur bancaire libanais. C’est là l’une des priorités de la Banque du Liban et c’est dans ce sens qu’elle a fait paraître, ces deux dernières années, une série de circulaires dont celle remontant à mai 1996 et qui impose aux banques d’assurer un capital social minimal de 10 milliards de L.L. pour le siège, plus 250 millions de L.L. pour les agences.
Les banques libanaises sont tenues de se conformer à ces conditions dans un délai qui prend fin en décembre 1997. Il n’est pas question, du moins jusqu’à nouvel ordre, de proroger ce délai.
Une série d’absorptions prochaines
Du fait qu’une dizaine de banques, opérant sur la place de Beyrouth, ne répondent pas aux conditions requises par la circulaire en question, il faut s’attendre à d’autres absorptions dans les mois à venir. Cela d’autant plus que l’on aboutit de la sorte à des radiations par la BDL, de façon paisible et sereine, des banques n’arrivant pas à atteindre les critères établis par la BDL.
Parce que le Liban doit pouvoir assumer les conditions de la mondialisation, on va s’orienter, de plus en plus, vers des établissements bancaires qui ne sont pas familiaux. Chaque fois qu’une banque se développe, il y a un appel d’argent frais, autrement dit un ratio de solvabilité qu’il faut pouvoir atteindre. Or l’investisseur, propriétaire d’une banque de taille moyenne, ne bénéficie pas d’une source intarissable d’argent alors que les investisseurs institutionnels et les grandes banques n’ont pas de problèmes pour trouver les fonds à injecter.
La Banque Geagea, fondée par M. Joseph Geagea en 1961, était installée Place des Martyrs. En 1977, en raison des événements du Liban, son siège est provisoirement transféré à Zalka. La banque possède en outre 2 branches, l’une à Jounieh et l’autre rue de Verdun et emploie 31 personnes. Selon les chiffres publiés par l’Association des banques du Liban, le total bilan de la Banque Geagea était, fin décembre 1995, de 16 milliards de L.L., son dépôt clientèle de 12 milliards de L.L. et le poste crédit clientèle de 4 milliards 600 millions de L.L.
Des licenciements
en perspective
La loi de fusion exige une «reprise en continuité». Tout est donc transféré à la banque absorbante. Le législateur ayant autorisé, au-delà des six mois qui suivent la fusion, à exercer le droit de licencier une partie du personnel en précisant toutefois que c’est pour cause de fusion, la «Société générale» va semble-t-il exercer ce droit (bien entendu en s’acquittant de toutes les indemnités dues le cas échéant). 3 ou 4 personnes (à même d’être la mémoire de la Banque Geagea et de remonter, si nécessaire, aux archives) rejoindront la «Société générale».
Les quatre locaux de la «Banque Geagea» seront mis en vente.
Il est à rappeler à ce propos, qu’en 1992, la «Société générale» avait renfloué la banque «Globe» en arrêt de paiement. Vendue en 1996 à un investisseur du Golfe, la «Globe» avait fini par être radiée de la liste des banques en février 1997.
Par ailleurs, la «Société générale» pourrait également reprendre une autre banque libanaise dans l’année en cours.
Nayla ABI KARAM


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