Tyson, qui était devenu le plus jeune champion du monde des lourds de l’histoire de la boxe, en novembre 1986, à l’âge de 20 ans, avec une victoire en moins de six minutes sur Trevor Berbick, risque en fait l’interdiction pure et simple de boxer, sanction qu’il a cherché à éviter lundi en présentant, le jour même de son 31e anniversaire, des excuses publiques.
Seul devant la presse, une exception dans sa carrière, lisant une déclaration préparée à l’avance par le promoteur Don King, disent les mauvaise langues, Tyson a plaidé la crise de folie passagère et fait preuve d’humilité en présentant ses excuses à tout le monde, depuis sa famille jusqu’au juge qui l’avait condamné en 1992 à six ans de prison pour viol, en passant par la commission de boxe du Nevada, qui devait se réunir le lendemain pour examiner son cas, et Evander Holyfield, «un champion que je respecte».
La commission s’est effectivement réunie mardi et s’est contentée d’ouvrir formellement une procédure disciplinaire contre Tyson, qui doit se conclure dans un mois au plus, et de confirmer, en attendant, sa suspension et le gel de sa bourse de 30 millions de dollars.
La hantise de la
radiation à vie
Tyson dispose de 30 jours pour présenter sa défense, mais l’avocat qui le représentait à la réunion a indiqué que son client renonçait à ce délai, ce qui devrait accélérer la procédure. Celle-ci prévoit une nouvelle réunion de la commission pour décider de sanctions définitives qui peuvent aller jusqu’à une amende d’un montant maximal de 10% de la bourse, soit 3 millions de dollars, et jusqu’à la radiation à vie.
Pour certains, la déclaration de Tyson avait de véritables accents de sincérité. Pour d’autres, il en a fait un peu trop, tel un bon acteur prêt à changer de rôle sur commande, afin d’éviter ce qu’il craint le plus: une interdiction à vie.
Evander Holyfield, lui, s’est placé à mi-chemin, soulignant que «seul le temps permettra de dire si cette déclaration était sincère». «Mais il a fait un grand pas, a-t-il ajouté, et chaque fois que quelqu’un admet qu’il a eu tort, cela ouvre la possibilité qu’il change réellement».
Tyson a dit ne pas s’expliquer les raisons profondes de son comportement de samedi et avoir demandé l’aide de médecins afin de savoir pourquoi il a commis un tel acte. Il a ainsi devancé la requête de la WBA, qui chapeautait le championnat du monde des lourds de samedi et qui a demandé que Tyson soit soumis à un «examen psychologique» avant toute décision sur son avenir.
Téléspectateurs
en colère
Un avenir que Tyson aura peut-être compromis dans d’autres domaines que celui du sport. En effet, dans la bagarre générale sur le ring qui a suivi le combat, Tyson, ayant manifestement perdu tout contrôle de lui-même et qui voulait continuer à en découdre avec Holyfield, aurait apparemment frappé un policier, ce qui aurait pu lui valoir la remise en question de sa liberté conditionnelle.
Condamné en 1992 à six ans de détention pour viol, Tyson avait été libéré sur parole pour bonne conduite en mars 1995. Un porte-parole de la police de Las Vegas a toutefois indiqué lundi qu’aucune action ne serait en principe intentée contre le boxeur pour ses actes sur le ring.
Enfin, des téléspectateurs de Floride et de Californie, qui avaient déboursé chacun 50 dollars pour voir le match à la télévision à péage, ont engagé mardi des poursuites judiciaires contre Tyson à qui ils reprochent de les avoir privés du «vrai combat» auquel ils avaient droit en s’écartant «délibérément» des règles.
Quant à Holyfield, il a déclaré mardi, dans une interview diffusée par CNN, qu’il était prêt à rencontrer Tyson de nouveau quand celui-ci aura apporté la preuve, sur un ring, qu’il est capable de maîtriser son comportement. «Peut-être dans deux ans, si c’est ce que demande le public», a-t-il ajouté.


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