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Actualités - Chronologie

Les industriels de l'armement à l'assaut du marché de l'Europe centrale

L’effondrement du bloc communiste et l’élargissement programmé de l’OTAN à l’Europe de l’Est ont ouvert un espace nouveau aux industriels occidentaux de l’armement, qui ont engagé la bataille pour le contrôle d’un marché encore étroit mais stratégiquement important.
Les industriels américains, qui fournissent déjà l’essentiel des équipements des forces de l’OTAN, partent avec une longueur d’avance mais les Européens espèrent ramasser plus que des miettes de ce marché de plusieurs milliards de dollars au cours des prochaines années.
Entièrement équipées de matériel soviétique jusqu’au début des années 90, les armées d’Europe de l’Est ont commencé, chaque fois que c’était possible, à mettre leurs équipements aux normes de l’OTAN à la faveur de rénovations ou d’achats.
Pour l’instant, seules des opérations relativement limitées ont été conclues sur des matériels de transmission, des missiles ou quelques hélicoptères, à l’exception d’un contrat de 100 millions de dollars en avril dernier pour la vente à la Hongrie par le français Matra de missiles sol-air Mistral.
Le groupe franco-allemand Euromissile (Aérospatiale et DASA à 50-50) dispute par ailleurs à un consortium américain dirigé par Boeing un contrat de 500 millions de dollars pour équiper l’hélicoptère de combat polonais Huzar en missiles antichar.
Mais plusieurs grosses opérations se profilent avec le début du renouvellement des flottes d’avions de combat de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque, les trois premiers candidats qui devraient être admis dans l’OTAN lors du sommet de Madrid.

Pressions U.S.
considérables

Face aux F16 et F18 de l’américain Lockheed-Martin, les Suédois tentent d’imposer le JAS 39 Gripen de Saab, et les Français le Mirage 2000-5 de Dassault. Pourtant hormis, la Hongrie où les experts donnent des chances au Gripen, les Américains rafleront probablement ces gros contrats, selon plusieurs spécialistes. Dassault ne mentionne d’ailleurs pas les pays d’Europe centrale parmi ses meilleures chances d’exportation pour le Mirage 2000-5/.
«Les Américains exercent actuellement des pressions considérables sur tous ces pays pour leur faire acheter leur matériel, en faisant miroiter divers soutiens économiques et politiques, voire en prenant des participations locales», affirme le représentant d’un exportateur français d’armement.
Ainsi, l’hélicoptériste américain Bell, soucieux de vendre son hélicoptère de combat à l’armée roumaine, n’a pas hésité à acquérir en mai dernier 70% du groupe roumain IAR-Brasov, provoquant une rupture de l’alliance existant auparavant entre Brasov et le français Aérospatiale pour la construction d’hélicoptères Puma sous licence.
«Ces pays constituent pour l’instant un marché peu important, comme la Finlande, le Danemark et la Belgique réunis, mais il faut tout faire pour décrocher même une petite commande», explique Joel Johnson, responsable des affaires internationales au Groupement des industries aérospatiales américaines.
«C’est important stratégiquement, ajoute-t-il, car ces pays pourraient constituer un marché significatif dans cinq à dix ans», lorsque les tonnes de matériel de l’époque soviétique qui équipent encore leurs armées arriveront en fin de vie et qu’ils disposeront de davantage de moyens financiers.
Pour l’instant, beaucoup d’industriels européens estiment que les nouveaux membres de l’OTAN vont voir leurs maigres budgets de défense durablement asséchés par l’achat d’avions de combat, et peu considèrent l’Europe centrale comme un possible eldorado.
Mis à part l’implication de British Aerospace dans la commercialisation du Gripen suédois, aucun groupe britannique ne semble ainsi vouloir faire de l’Europe centrale une priorité. «Ce sont des pays relativement petits, avec des budgets serrés et ils représentent un marché sans commune mesure avec l’Asie du Sud-Est ou le Moyen-Orient», note Sash Tusa, analyste à Londres. (AFP)
L’effondrement du bloc communiste et l’élargissement programmé de l’OTAN à l’Europe de l’Est ont ouvert un espace nouveau aux industriels occidentaux de l’armement, qui ont engagé la bataille pour le contrôle d’un marché encore étroit mais stratégiquement important.Les industriels américains, qui fournissent déjà l’essentiel des équipements des forces de l’OTAN, partent avec une longueur d’avance mais les Européens espèrent ramasser plus que des miettes de ce marché de plusieurs milliards de dollars au cours des prochaines années.Entièrement équipées de matériel soviétique jusqu’au début des années 90, les armées d’Europe de l’Est ont commencé, chaque fois que c’était possible, à mettre leurs équipements aux normes de l’OTAN à la faveur de rénovations ou d’achats.Pour...