«Le ministre des Affaires étrangères va devoir décider s’il peut continuer à collaborer ou non au gouvernement», a précisé Maxim Lévy, chef du groupe parlementaire de la faction Gesher à laquelle appartient le chef de la diplomatie.
Selon des responsables israéliens, MM. Netanyahu et David Lévy ont évoqué l’opposition de ce dernier au projet du président du Conseil de nommer le chef de file des «durs» de la droite, M. Ariel Sharon, ministre des Finances et membre de l’équipe de négociations avec les Palestiniens.
M. Lévy avait l’air tendu en sortant de la réunion, qui a duré 45 minutes, et il a refusé de faire le moindre commentaire, a indiqué la radio publique.
Les bureaux de MM. Netanyahu et Lévy ont publié un communiqué qualifiant l’entrevue de «sérieuse». «Chacun a écouté les positions de l’autre mais rien n’a été conclu», selon le texte.
MM. Netanyahu et Lévy devraient se revoir probablement aujourd’hui jeudi, a indiqué la radio.
M. Sharon a exigé de M. Netanyahu, en échange de son acceptation du ministère des Finances, d’avoir une part dans la conduite des pourparlers avec les Palestiniens.
Mais M. Lévy, qui craint que M. Sharon ne lui fasse de l’ombre, a laissé planer une menace de démission si ce projet se réalisait.
Critique virulent de la manière dont le premier ministre dirige le gouvernement et gère le processus de paix, M. Lévy a très mal pris d’avoir été tenu à l’écart de la rencontre secrète entre Sharon et Abou Mazen, bras droit du président de l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat.
Au cours de la rencontre de mercredi, M. Netanyahu a tenté de conforter son ministre des A.E. dans son rôle de premier plan dans les négociations avec les Palestiniens, par ailleurs bloquées depuis que l’Etat hébreu a mis en chantier, le 18 mars, une nouvelle colonie juive dans la partie arabe de Jérusalem.
A la tête de la faction politique Gesher, une formation qui compte cinq sièges à la Knesset, M. Lévy dispose d’une monnaie d’échange valable. Sa défection réduirait en effet la majorité gouvernementale de 66 à 61 députés sur les 120 que compte le Parlement.
Un député travailliste, Uzi Baram, commentant le conflit entre MM. Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères, a affirmé hier: «Hébron est en guerre et ils se chamaillent. C’est une parodie».
A el-Bireh entre-temps, le secrétaire général du Cabinet palestinien Ahmed Abdel Rahman a accusé le premier ministre israélien de pratiquer «un jeu de relations publiques» dans ses rapports avec les médiateurs égyptiens qui déploient depuis plusieurs semaines d’intenses efforts pour trouver une issue à la crise. «L’Egypte, a-t-il estimé, renoncera vite à sa médiation en raison de l’intransigeance israélienne».
Mardi, le président Hosni Moubarak avait déclaré s’attendre à des progrès prochains. «Il y a eu des contacts entre Palestiniens et Israéliens ces dernières semaines, mais je ne puis en révéler la teneur».
(Reuter, AFP)


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