Si certaines de ces maladies furent parfois diplomatiques plus que pathologiques, presque aucun n’y a échappé.
Dernier porteur du maillot jaune, Bjarne Riis a adopté un rythme de sénateur depuis un mois. Inconsistant dans le Midi libre, il a déclaré forfait pour le Dauphiné libéré avant d’abandonner dans le Tour de Suisse à cause d’un rhume.
Le Danois dégarni souffrait de sinusite en début d’année et sa préparation s’est apparemment faite à reculons.
Mais une vieille croyance du peloton veut que les coureurs les plus affûtés soient les plus vulnérables aux virus bénins.
Si elle est vraie, cette superstition devrait rassurer le Britannique Chris Boardman.
Le recordman du monde de l’heure a renoncé lui aussi au Dauphiné souffrant d’un virus intestinal qui semble malheureusement être le même qui avait ruiné ses espoirs dans le tour 96.
Le prologue, samedi à Rouen, devrait rapidement le renseigner sur sa forme physique.
Il y a encore trois mois, Alex Zülle aurait été cité par tous comme le prétendant légitime à la succession de Riis.
Le Suisse, deuxième en 1995, a enfin remporté un grand tour, celui d’Espagne, et est devenu champion du monde du contre-la-montre.
Pourtant, il n’a pas conjuré le sort qui s’acharne sur lui chaque année à la même époque. Une chute dans le Tour de Suisse l’a descendu de son piédestal: il souffre d’une fracture de la clavicule.
Au chapitre des accidents, il n’y a que le grimpeur italien Marco Pantani qui soit plus mal loti que lui, victime d’une terrible chute dans le Giro.
L’ancien champion du monde Abraham Olano, présenté comme l’héritier présomptif de Miguel Indurain, n’a pas été épargné par la poisse dans le Dauphiné libéré.
Terminant une descente de col dans un ravin, l’Espagnol en sortait indemne mais il laissait échapper la victoire finale à la grande satisfaction de l’Allemand Udo Bolts.
Le Français Luc Leblanc, qui passa lui aussi sous l’arc-en-ciel, a fini le Giro dans un mur alors qu’il tentait de combler son retard sur l’Italien Ivan Gotti.
Quant à son compatriote Richard Virenque, troisième l’an passé, il connaît sa plus mauvaise année chez les professionnels depuis son opération des dents en mai.
Le bilan est à peine meilleur pour le numéro un mondial Laurent Jalabert ou le Russe Evgueni Berzin tandis que le Suisse Tony Rominger s’aperçoit qu’il a désormais l’âge de ses artères.
Si l’on s’en tient aux bulletins de santé, seuls l’Allemand Ian Ullrich et l’Italien Gotti se présenteront à Rouen sans ordonnance...

