Evoluant à une vitesse de quelque 20 m/s, la sonde s’approche rapidement de Mars, où elle atterrira le 4 juillet pour y étudier le sol et l’atmosphère, et tenter de répondre à la question qui captive la Terre, la présence d’une éventuelle trace de vie.
Lancée le 4 décembre du centre spatial Kennedy, en Floride, la sonde a accompli un voyage exemplaire, les quatre changements de direction nécessaires s’étant déroulés comme prévu.
Elle a dépassé au cours de son périple un autre engin américain, Mars Global Surveyor (MGS), qui doit se mettre en orbite autour de la planète en septembre.
Mars Pathfinder sera la première sonde à atterrir sur la «planète rouge» depuis les deux Vikings américains en 1976. Elle est composée d’un élément fixe et d’un petit robot à six roues, Sojourner, qui ira explorer dans un rayon de quelques dizaines de mètres les alentours de son site d’atterrissage, Ares Vallis.
Les deux engins prendront des photos des lieux, collecteront des mesures portant sur la topographie de la planète, étudieront sa géologie et réaliseront des observations concernant l’atmosphère (pression, température, densité).
Les scientifiques chargés de la mission s’attendent à une moisson extraordinaire d’informations qui leur permettra de mieux comprendre la «planète rouge». Mais ils ont peu d’espoir de mettre fin au débat sur la présence d’une vie passée ou présente sur Mars.
Une controverse agite en effet depuis l’été dernier les spécialistes, après que des experts de l’agence spatiale américaine (NASA) eurent affirmé avoir découvert des traces de micro-organismes dans le météorite ALH 84001, trouvé dans l’Antarctique.
«Il est trop tôt pour tirer une conclusion définitive» et «personne ne connaît la vérité à l’heure actuelle», avait estimé au printemps dernier Douglas Blanchard, directeur du département de l’exploration du système solaire au centre spatial Johnson, près de Houston (Texas).
Selon deux études publiées dans la revue Science, les températures à la surface de Mars au moment de la formation de la roche composant le météorite étaient compatibles avec l’éclosion de la vie.
Mais de nombreux scientifiques estiment que les traces trouvées ne peuvent pas être d’origine biologique, tandis que d’autres n’éliminent pas la possibilité d’une contamination du météorite par des micro-organismes après sa chute dans l’Antarctique.
Les responsables de la mission ont essayé de mettre tous les atouts de leur côté pour que Mars Pathfinder permette de trouver une solution à l’énigme: le site d’atterrissage, Ares Vallis, est à l’embouchure d’un ancien fleuve et la présence d’eau autrefois aurait pu favoriser l’existence d’une vie.
Toutefois, avant de commencer ses recherches, la sonde devra réussir un atterrissage à haut risque, sur un terrain plat mais hérissé de rochers.
Arrivée aux abords de Mars, elle plongera directement dans son atmosphère à une vitesse de 7,6 km/s avant d’être ralentie par un parachute et, en fin de course, par des rétrofusées.
L’atterrissage de Mars Pathfinder précédera de deux mois l’arrivée de Mars Global Surveyor, le 11 septembre, aux abords de la planète, pour la cartographier, en réaliser un relevé topographique, étudier son champ magnétique, analyser son atmosphère et déterminer la composition et la répartition des minéraux, des roches et de la glace à sa surface.
a quelques jours de son atterrissage, Mars Pathfinder porte désormais tous les espoirs de la communauté scientifique internationale, frustrée par 21 ans d’absence sur la «planète rouge» et l’échec en novembre de la sonde russe Mars-96, qui devait également se poser sur l’astre. (AFP)

