Deng sera représenté par sa veuve Zhuo Lin et sa fille cadette Deng Nan, qui feront partie de la délégation conduite par le président Jiang Zemin.
Pourtant il est de plus en plus présent dans les médias, les timbres-poste ou les objets de souvenirs, et le «Quotidien du Peuple» vient d’ouvrir un site Internet avec ses œuvres choisies.
Partout dans la rue, on peut lire sa formule «un pays, deux systèmes», inventée par son génie empirique pour accueillir Hong Kong, voire plus tard Taïwan, dans le giron communiste.
Mais le destin ne se sera pas plié, pour une fois, aux volontés du patriarche disparu le 19 février à l’âge de 92 ans, exactement 132 jours avant la date de la rétrocession, fixée au cours de ses négociations avec le premier ministre britannique Margaret Thatcher au début des années 80.
Il n’aura pourtant jamais renoncé, jusqu’à la fin et malgré sa santé déclinante, à l’idée de pouvoir s’y rendre.
«Il parlait souvent de son souhait de voir Hong Kong, ne serait-ce qu’une minute, après le transfert de souveraineté, même s’il devait être porté en fauteuil roulant», a rapporté récemment le quotidien «Libération», de Shanghai.
Deng Xiaoping avait été cinq fois à Hong Kong au cours de sa vie, mais dès son premier passage en septembre 1920 (en route vers la France où il allait suivre des études), il avait été scandalisé par le sort qu’on y réservait aux colonisés.
«Ici, les commerçants sont chinois, mais l’administration est entièrement étrangère. Les Anglais ont imposé beaucoup de restrictions aux Chinois», racontait dans une lettre à un amis le jeune Deng, âgé de 16 ans à l’époque.
Par la suite, il a été à Hong Kong à quatre occasions, au cours des années 20 et 30, pour ses rendez-vous clandestins de jeune militant communiste.
Six décennies plus tard, en janvier 1992, lors de sa tournée «historique» dans le sud de la Chine pour relancer les réformes économiques, Deng s’est arrêté à Shenzhen, limitrophe de Hong Kong, et depuis le port de la Zone économique spéciale «il a longuement regardé» vers la colonie, raconte encore «Libération».
Que Deng ne soit plus là pour recevoir en personne les honneurs de la rétrocession n’est pas forcément une mauvaise chose pour ses successeurs, soulignaient cependant certains observateurs chinois.
«Deng vivant et présent aux cérémonies, Jiang aurait dû s’effacer. Son absence lui permet par contre de jouer le rôle principal dans la pièce», a estimé un ancien dissident du mouvement démocratique de 1989, reconverti dans les affaires.
«L’ironie c’est que Jiang n’a été pour rien dans la négociation des accords, alors que le nom de Zhao Ziyang, qui les a signés, n’a jamais été évoqué ces derniers mois», a ajouté l’ancien opposant.
L’ex-secrétaire général du PC Zhao Ziyang, limogé en raison de ses sympathies avec les étudiants de Tiananmen, a signé en tant que premier ministre (poste qu’il occupait à l’époque) le communiqué conjoint sino-britannique le 19 décembre 1984.
L’autre signataire, Margaret Thatcher, sera quant à elle présente aux cérémonies. (AFP)


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