Alors qu’en mars, 55% des ressortissants des cinq plus grands pays de l’UE étaient «inquiets» pour leur niveau de vie, contre 44% qui se déclaraient «confiants», le rapport s’est inversé en trois mois, 53% des Européens se disant maintenant «confiants» et 45% «inquiets».
C’est en France que l’on enregistre le renversement le plus spectaculaire: d’un pessimisme à tous crins il y a trois mois (69% d’inquiets contre 30% de confiants), les Français envisagent désormais leur situation avec un brin d’optimisme (50% de confiants contre 48% d’inquiets).
Les Italiens se montrent également beaucoup plus sereins (56% de confiants, +13), tandis que les Britanniques, déjà les seuls à être majoritairement confiants en mars (59%), paraissent carrément euphoriques au lendemain de la victoire des travaillistes début mai (65% de confiants, +6). Seuls les Espagnols sont encore en majorité inquiets (56% contre 41% de confiants).
Ce regain d’optimisme doit toutefois être relativisé, comme en témoigne le manque de confiance persistant dans l’évolution de «la situation économique et sociale»: bien que leur nombre soit en nette diminution (66%, -11), ce sont encore deux Européens sur trois qui se disent «inquiets» à ce sujet. Les plus sombres sont les Allemands (81% d’inquiets, -4), alors que les plus optimistes sont une fois encore les Britanniques (54% de confiants, +14).
Cet état d’esprit des Britanniques se retrouve de manière spectaculaire dans leur perception de la monnaie unique européenne, ces champions de l’euroscepticime se partageant de manière égale entre ceux qui portent un jugement positif sur l’Euro (47%, +9) et ceux qui portent un jugement négatif (47%, -9). Si bien qu’à 18 mois du lancement de la monnaie unique, les Allemands sont aujourd’hui les seuls à s’y montrer majoritairement hostiles (53% contre 38%).
L’amélioration sensible du climat économique n’a cependant aucune répercussion sur le climat social, la majorité des Européens se déclarant toujours prêts à «participer» (24%, inchangé) ou à «soutenir» (38%, inchangé) un «grand mouvement de contestation sociale» dans leur pays.
Les Européens continuent également en majorité à ne pas faire confiance (56%, -10) à leurs gouvernements respectifs, malgré l’état de grâce dont bénéficie le leader travailliste Tony Blair (72% de confiance contre 30% pour John Major en mars). Il faut toutefois souligner que ce sondage, réalisé juste avant le second tour des élections législatives françaises, ne mesure pas la confiance des Français dans le gouvernement de Lionel Jospin.
Cette défiance envers les gouvernements est particulièrement sévère pour le chancelier Helmut Kohl (76% d’opinions négatives, +1): à un peu plus d’un an des élections législatives outre-Rhin, 25% seulement des Allemands (-2) souhaitent la victoire des chrétiens-démocrates, contre 41% (+5) qui souhaitent celle du SPD.
Enfin, les Européens portent, «en tant que consommateurs, clients ou usagers», un jugement mi-figue mi-raisin sur le fonctionnement des dix principaux services dans leur pays. Les plus satisfaits sont de loin les Français qui, sur une échelle de 0 à 100, accordent une note de 66,9 au secteur du téléphone, de 65,3 à celui de l’électricité, de 63,9 aux médecins, de 63,8 aux banques, de 60,2 à l’eau courante et de 59,2 aux hôpitaux. Seule fausse note aux yeux des Français: les transports ferroviaires, qui ne recueillent que 41,3.
A l’opposé, les Européens les plus mécontents de leurs services sont les Italiens. Leur indice de satisfaction ne dépasse jamais 52,3 (les banques) et tombe jusqu’à 37,3 pour les transports et 38,1 pour les hôpitaux.
Cette enquête a été réalisée par téléphone, du 17 au 30 mai, auprès de cinq échantillons représentatifs d’un millier de personnes âgées de 18 ans et plus.


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