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La transgression des tabous, quelle qu’en soit l’occasion, est une opération difficile et la plupart du temps douloureuse. Mon passé tiers-mondiste et mon héritage judéo-chrétien me le rappellent, notamment par l’autocensure qu’instinctivement je m’impose sur certains sujets. A propos du «rétrécissement des pénis» qui sévit en Afrique Noire par exemple et qui est si souvent médiatisée par les agences de presse qu’on ne peut l’ignorer. On sait que cette «mutilation» résulte d’un simple contact entre les victimes et le corps du bourreau (sa main par exemple). On sait aussi la place omnipotente que tient le pénis dans la personnalité de tous les hommes, à plus forte raison chez les individus qu’une pensée mythologique et une mentalité magique ne cessent d’habiter. Faute d’un bagage ethnologique ou d’un interlocuteur libanais à la fois anthropologue et africaniste, gardons- nous de donner dans l’analyse de ce phénomène fantasmatique... Qu’il nous suffise d’évoquer la terreur de l’imaginaire que cette épidémie inspire, d’Abidjan à Libreville. Gardons-nous aussi de tirer gloire de notre immunité, car «l’Afrique intérieure» que chacun porte en soi n’est guère épargnée par le Moyen-Age que charrie, à l’insu de nos catégories logiques, chacun d’entre nous.
L’actualité est d’ailleurs là pour nous en convaincre. Avec la grande chasse aux pédophiles qui saisit l’Europe et surtout la France, la misère psychologique nous prend à la gorge autant que la misère sociale dont elle est inséparable. Quatre des nombreux inculpés dans une affaire de vidéo-cassettes viennent de se suicider après de simples, mais très longs, interrogatoires. Trop simple de se fier aux seules expertises psychiatriques. Trop facile de crier vengeance. Scandaleux d’évoquer le droit à la liberté sexuelle. Dans cette pratique, la culpabilité est celle de ceux qui se servent de leur pouvoir, ne serait-ce que celui qu’ils doivent à leur autorité d’adulte, contre des êtres humains trop démunis pour résister à la force ou à la persuasion. Les imbéciles qui arguent que les enfants y prennent parfois plaisir ignorent sans doute que, dans ce cas, les séquelles de l’agression risquent d’être bien plus graves encore.
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Quarante mille volumes de la bibliothèque de l’Institut d’archéologie français de Beyrouth ont été rapatriés de Damas qui les avait abrités pendant la guerre. L’ambassade de France semble avoir bon espoir de récupérer le reste. Ces livres, qui ne portent heureusement pas tous sur l’archéologie, avaient été choisis en grande partie par Henri Seyrig pendant les quarante années qu’il a passées à Beyrouth. Enfin une bonne nouvelle.
Amal NACCACHE


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