Mais le projet de déclaration finale ne fait état que d’un «appel urgent à l’action» pour protéger les ressources en eau douce dans le monde.
Les experts, dont ceux de plusieurs agences des Nations Unies et des banques de développement, sont unanimes à affirmer qu’il faut prendre rapidement des mesures appropriées si on veut éviter, dans les trente prochaines années, des crises régionales de l’eau, annonciatrices d’une crise mondiale.
Même si elles sont très limitées (97,5% de l’eau de la planète est salée), les ressources en eau douce n’ont pas diminué mais la consommation a sextuplé entre 1900 et 1995. Les responsables sont l’accroissement démographique et l’irrigation, la pollution aggravant tout.
De 5,7 milliards d’habitants aujourd’hui, la population mondiale franchira la barre des 6 milliards en 2000. Elle sera à 8,3 en 2025 et autour de 10 milliards en 2050.
La pollution de l’eau a fortement augmenté, tuant des millions de personnes tous les ans, surtout dans les pays en voie de développement.
La moitié des maladies les plus répandues dans le monde sont transmises directement ou indirectement par l’eau, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Tous les ans, plus de cinq millions de personnes meurent de maladies provoquées par une eau malsaine.
La pénurie est déjà très grave puisqu’un habitant de la terre sur cinq n’a pas accès à une eau potable et qu’un sur deux ne dispose pas de moyens d’assainissement convenables. Un Africain sur deux n’a pas d’eau potable.
De graves tensions sont déjà apparues entre pays du même bassin.
Des mesures simples sont possibles pour corriger les erreurs du passé. Elles passent par un changement de comportement et d’approche pour que les ressources de chaque pays soient mises en valeur durablement et des campagnes de sensibilisation sur les précautions à prendre afin d’éviter le gaspillage. Les méthodes d’irrigation (73% de la consommation d’eau douce) sont à revoir, tandis qu’il faut lutter à la source contre la pollution.
Un premier Forum mondial de l’eau s’est tenu en mars à Marakech, pour définir les grandes lignes d’une stratégie afin que l’eau ne devienne pas un problème insurmontable au XXIe siècle. (AFP).


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