Selon des témoins, plus de 300 jeunes Palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur l’implantation juive de Beit Hadassa, dans la vieille ville de Hébron, sans faire de victime.
Les manifestants ont également lancé des pierres sur un barrage israélien donnant accès au quartier juif de Hébron, ville où 400 colons vivent au milieu de 120.000 Palestiniens.
Les militaires israéliens, dont au moins un a été blessé, ont riposté en tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes, blessant plus de quarante personnes, dont un cameramen de la télévision palestinienne, selon des sources hospitalières.
Parmi les blessés, dont six ont été sérieusement atteints, figuraient plusieurs femmes, un vieil homme et un policier, ont précisé des témoins. Selon eux, la police palestinienne a laissé faire les manifestants durant quatre heures, avant de les contenir en fin d’après-midi lorsqu’ils ont commencé à pénétrer en zone israélienne.
«Il s’agit de manifestations spontanées des Palestiniens, frustrés par le gel du processus de paix et la poursuite de la colonisation par Israël, qui a le soutien des Etats-Unis», a affirmé le chef des forces de sécurité à Hébron, le général Charif Abou Moueilak.
Ces affrontements se sont produits après que le cabinet palestinien eut prévenu, dans un communiqué publié après sa réunion hebdomadaire tenue dans la nuit de vendredi à samedi dans la ville autonome de Naplouse (Cisjordanie) sous la présidence de M. Arafat, que de nouvelles violences pourraient se produire.
«Les Palestiniens ne peuvent plus faire preuve de patience. (...) Ils combattront l’extension des colonies dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Djebel Abou Ghneim», la colline où Israël construit depuis le 18 mars la colonie juive de Har Homa, a averti le cabinet palestinien.
Le négociateur palestinien Saëb Erakat a estimé que la région devait choisir entre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et la paix, à la suite de relance de la politique de colonisation israélienne.
«Le gouvernement Netanyahu a clairement fait entendre qu’un arrêt de la colonisation entraîne sa chute. Nous sommes donc face à un choix: Netanyahu ou la paix», a affirmé M. Erakat dans un discours à Bethléem, en Cisjordanie.
Pour sa part, le ministre palestinien de la Coopération internationale Nabil Chaath a accusé Israël de bloquer les efforts diplomatiques destinés à résoudre la crise et de lancer une campagne de colonisation «de type militaire».
«Nous faisons face à une campagne de colonisation qui a des allures de campagne militaire organisée par Israël contre les territoires palestiniens et visant à détruire ce qui reste du processus de paix», a-t-il dit à des journalistes à Gaza.
Israël a accusé vendredi l’Autorité palestinienne d’avoir fomenté des troubles jeudi à Gaza. Un Palestinien y avait succombé à une crise cardiaque et cinq autres avaient été blessés lors de heurts avec des colons israéliens.
Les affrontements de samedi constituent le premier incident d’importance à Hébron depuis avril, lorsque trois Palestiniens avaient été tués au cours d’affrontements avec des militaires israéliens à la suite de la mise en chantier le 18 mars de Har Homa dans la partie arabe de Jérusalem, occupée depuis 1967.
Le lancement de ce chantier a provoqué la suspension des négociations de paixisraélo-palestiniennes, les Palestiniens réclamant l’arrêt de la colonisation pour reprendre les pourparlers, ce qu’Israël refuse.


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