Ses dirigeants, Zoran Djindjic du Parti démocratie (PD), maire de Belgrade, l’écrivain Vuk Draskovic du Mouvement serbe de renouveau (SPO) et la sociologue Vesna Pesic de l’Alliance civique (GSS) ne se sont plus réunis depuis près de deux mois.
Leurs contacts se limitent à des échanges d’invectives par voie de presse et de communiqués au grand dam de leurs électeurs potentiels, qui ignorent tout d’un éventuel programme de la coalition à quelques mois des élections présidentielle et législatives prévues avant la fin de l’année.
Une nouvelle initiative vient de donner la mesure de la mésentente des trois dirigeants, qui s’étaient constitué un précieux capital politique en animant pendant 88 jours des manifestations ayant contraint en février le régime à reconnaître les victoires de l’opposition aux municipales.
Le SPO a annoncé que les trois leaders de la coalition avaient invité l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à envoyer des observateurs à Belgrade pour se rendre compte du «comportement totalitaire» du président Milosevic.
L’information était démentie quelques heures plus tard par la GSS. «Vesna Pesic ne peut accepter de signer une telle lettre tant que M. Draskovic refusera de la rencontrer», déclarait la GSS dans un communiqué.
Mme Pesic, qui a souvent joué un rôle de médiateur entre les deux autres dirigeants d’Ensemble animés par des ambitions politiques personnelles, a indiqué mardi qu’elle leur avait demandé par lettre d’accepter de se réunir pour tenter une nouvelle fois d’aplanir les différends.
«S’ils refusent, je ne veux plus perdre mon temps avec eux», a-t-elle déclaré à Kraljevo, selon le quotidien «Nasa Borba».
Les querelles des dirigeants d’Ensemble portent sur l’élargissement de la coalition et son candidat à la présidentielle en Serbie.
Mme Pesic reproche à M. Draskovic de se présenter à l’élection présidentielle en tant que candidat du SPO et non plus au nom de la coalition comme cela avait été convenu.
«Vuk Draskovic est le plus intelligent quand il se tait», a déclaré de son côté M. Djindjic.
«Il ne suffit pas de ferrer une grenouille pour en faire un cheval de course», a-t-il lancé récemment, exprimant par ce proverbe serbe son désaccord avec la candidature de M. Draskovic, pourtant convenue aux termes d’un accord interne à la coalition.
Dans son bras de fer avec le régime visant à obtenir des conditions électorales acceptables, la coalition a cessé de brandir ce qui était son arme de prédilection: la menace de boycotter les élections ou d’organiser des manifestations de rue.
Les manifestants de l’hiver dernier sont retombés dans l’apathie et seul le souci de contraindre le régime à payer régulièrement salaire et pensions les pousse à descendre dans la rue. Mais ils ne sont plus que quelques milliers.
La déliquescence de la coalition aidant, le Parti socialiste (SPS) de M. Milosevic a repris du poil de la bête et s’apprête à le faire élire à la présidence de la Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro).
A l’inverse de M. Djindjic et Mme Pesic, M. Draskovic a souscrit à la proposition du SPS d’élire le président au suffrage universel et non plus par le Parlement.
Il estime que M. Milosevic n’aurait aucune chance d’être élu face au «candidat de l’opposition démocratique» Vuk Draskovic.


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