«Un Etat à souveraineté unique me semble inévitable à Chypre mais au sein d’une fédération bizonale et bicommuautaire, où la libre circulation sera permise», a dit M. Holbrooke à propos d’une solution à Chypre, qui est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, depuis l’intervention de l’armée turque en 1974, suite à un coup d’Etat d’un nationaliste grec qui visait à rattacher l’île à la Grèce.
M. Hoolbrooke a cependant indiqué qu’il ne proposait «pas un plan» pour une solution à Chypre. Selon lui, «il existe actuellement de profondes divergences de vues» entre les parties turque et grecque de Chypre. «Je ne pense pas que la totalité (de ces divergences) puisse être surmontée», a-t-il ajouté. «Mais, a-t-il poursuivi, cette affaire est importante et il faut travailler dessus».
Il a qualifié de «très intelligent» mais «trop dur» le chef de la communauté turque de Chypre Rauf Denktash. «Il est très intelligent et connaît très bien l’histoire du problème (...) nous savons que c’est un négociateur très difficile», a indiqué l’émissaire américain. «Il doit être dur parce qu’il protège les intérêts de son peuple. S’il (M. Denktash) n’a pas de motivation pour une solution, le problème ne sera pas réglé», a-t-il affirmé.
M. Holbrooke a exclu tout voyage dans la région avant fin juillet. «Une visite ne sera peut-être pas possible, même plus tard. Il faut attendre d’abord les conclusions de l’entretien Denktash-Cleridès», a ajouté M. Holbrooke.
Le président chypriote (grec) Glafcos Cleridès et M. Denktash, qui n’ont eu aucun contact direct depuis octobre 1994, doivent se rencontrer le 9 juillet au siège de l’ONU à New York pour entamer des négociations sur une solution du problème de Chypre.
«Je déteste l’échec. Mais quand on regarde généralement le dossier chypriote, il faut être prêt à un échec. Je ferai tout mon possible» pour un règlement à Chypre, a ajouté M. Holbrooke, principal artisan de l’accord de Dayton sur la Bosnie.


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