«Malheureusement, la drogue s’est infiltrée dans les pays du golfe Persique. C’est pourquoi l’Iran propose à ces pays son aide pour lutter contre ce fléau», a déclaré au cours d’une conférence de presse le ministre iranien de l’Intérieur Ali Mohammad Bécharati.
Il a déploré le manque de coopération internationale dans la lutte contre la production et le trafic de stupéfiants, et souligné que les pays d’Europe, notamment la France et l’Allemagne, étaient «de plus en plus victimes d’un tel trafic».
Téhéran, qui coopère avec l’ONU et plusieurs pays de la région dont le Pakistan, va signer prochainement un accord de coopération avec Moscou en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, a affirmé le ministre.
Selon lui, l’Afghanistan produit 6.000 tonnes d’opium par an et le Pakistan 500 tonnes.
«La plupart de la drogue produite transite par l’Iran pour être acheminée vers l’Europe», a ajouté le ministre, selon lequel Téhéran «est résolument décidé à combattre ce fléau avec force».
M. Bécharati a assuré que 48% de l’opium et 34% de l’héroïne découverts dans le monde étaient saisis en Iran et que son pays réalisait «84% des saisies de drogues dures dans le monde».
Il a également déploré le manque d’autorité politique réelle en Afghanistan pour combattre la production et le commerce d’opium.
«En Afghanistan, nous n’avons pas d’interlocuteurs pour ce genre de choses. L’opium est produit dans des régions contrôlées par les taliban à une grande échelle», a-t-il affirmé, ajoutant que 200 policiers iraniens avaient été tués et quelque 500 autres blessés ces quatre dernières années dans la lutte contre le trafic de drogue.
Sanctions sévères.
Depuis la révolution islamique de 1979, la production, la consommation et le trafic de toutes sortes de drogue sont sévèrement sanctionnés en Iran. La justice prévoit la peine capitale pour toute personne détenant plus de 30 grammes d’héroïne ou plus de 5 kg d’opium.
Le territoire iranien est un lieu de transit pour l’opium, la morphine et le haschisch qui proviennent de ses voisins orientaux, le Pakistan et surtout l’Afghanistan, et sont destinés au marché des pays du golfe Persique, d’Europe et d’Asie centrale.
Selon M. Bécharati, l’opium est transformé en morphine et en héroïne dans l’est de la Turquie dans des laboratoires clandestins. Une partie de l’héroïne et de la morphine est ensuite renvoyée en Iran et le reste vers les pays d’Europe occidentale, a-t-il ajouté.
Selon des chiffres officiels, au total 191 tonnes de stupéfiants divers, dont 11 tonnes de morphine, avaient été saisis en Iran entre mars 1996 et mars 1997.
Selon des estimations officielles, plus de 500.000 personnes, pour la plupart des jeunes, consomment régulièrement de la drogue en Iran.
M. Mohammad Fallah, chef du bureau de la lutte contre le trafic de stupéfiants en Iran, avait mis en garde samedi contre «l’augmentation régulière» de la consommation de la drogue en Iran.
Les autorités iraniennes s’apprêtent à brûler publiquement mardi dans le nord de Téhéran 50 tonnes de drogues diverses, en présence du corps diplomatique et de la presse.


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