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Actualités - Chronologie

La Russie de Boris Eltsine fait ses débuts comme puissance globale

DENVER (Etats-Unis), 22 Juin (AFP). — La Russie de Boris Eltsine a fait ses débuts comme puissance globale au Sommet des Huit de Denver, après avoir été pendant des décennies l’ennemi de la guerre froide, puis le quémandeur d’aide internationale.
M. Eltsine et ses conseillers se sont efforcés d’être à la hauteur de leur nouveau statut de membre à part entière du groupe des pays les plus puissants de la planète.

Le sommet de Denver constitue une consécration pour le président russe: à force d’insistance, il a obtenu d’être accepté sur un quasi-pied d’égalité au sein de ce club très élitiste, où il n’avait été admis tout d’abord que le temps de deux repas, à Munich en 1992.

Aussi, M. Eltsine a-t-il eu à cœur de jouer parfaitement son nouveau rôle, y mettant le zèle d’un élève appliqué.

«Pratiquement sur chaque sujet, Boris Eltsine a pris la parole», a relevé non sans fierté le porte-parole du Kremlin Sergueï Iastrjembski.
Le chef d’Etat russe a proposé une suspension des ventes d’armes à l’Afrique, la création entre les Huit d’un système d’information contre la criminalité internationale, la tenue d’une conférence ministérielle sur l’avenir énergétique de la planète à Moscou...
Le mot d’ordre du sommet de Denver étant la «globalisation», il s’agissait visiblement pour la Russie de montrer qu’elle était elle aussi capable de se hisser à la hauteur des enjeux planétaires, en dépit d’une économie convalescente et d’une stabilité encore relative.
Mais la Russie a dû également payer le prix de son admission parmi les grandes démocraties mondiales. Le président américain Bill Clinton a ainsi arraché à Boris Eltsine son accord à une résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre l’Irak, bien que Moscou soit traditionnellement proche de ce pays.
«Maintenant que nous faisons partie du Sommet des Huit, il est important de travailler ensemble sur une question comme celle du combat contre un Etat criminel», a fait valoir M. Clinton auprès de M. Eltsine, selon un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Quelles que soient les concessions à faire, la Russie a visiblement apprécié le statut qui lui a été reconnu à Denver.
S’il n’a pas été invité à la session des ministres des Finances des Sept — le saint des saints —, le ministre des Finances Anatoli Tchoubaïs a pour la première fois partagé un déjeuner avec ses collègues, à l’issue duquel il a dit sa fierté d’avoir échangé ses vues «avec les plus grands professionnels dans ce domaine».
Denver a également été le premier sommet du G7 au cours duquel aucune discussion spécifique n’a été consacré à la Russie; une façon de souligner que Moscou est désormais considéré comme un partenaire, et non plus comme un géant malade à soutenir financièrement.
L’inclusion de la Russie au Sommet des Huit est de l’avis général un geste avant tout politique, qui est très loin de correspondre au poids économique réel de ce pays.
Mais le geste peut justement aider les Russes à accélérer leur redressement, en utilisant cette carte de visite prestigieuse pour intégrer les investissements étrangers.
Plus généralement, la Russie apprécie de voir reconnus les efforts entrepris depuis sept ans pour se débarrasser de son héritage soviétique.
«C’est la reconnaissance du fait que la transition du passé totalitaire à la démocratie est pratiquement achevée», a commenté M. Iastrjembski.
«Le G7 s’est constitué (en 1975) pour discuter des questions économiques qui inquiétaient un des deux camps d’un monde à l’époque strictement bipolaire. Aujourd’hui, il s’agit de parler de problèmes globaux: le terrorisme et la criminalité internationale, la sécurité nucléaire», a expliqué de son côté le ministre russe des Affaires étrangères Evgueni Primakov.
DENVER (Etats-Unis), 22 Juin (AFP). — La Russie de Boris Eltsine a fait ses débuts comme puissance globale au Sommet des Huit de Denver, après avoir été pendant des décennies l’ennemi de la guerre froide, puis le quémandeur d’aide internationale.M. Eltsine et ses conseillers se sont efforcés d’être à la hauteur de leur nouveau statut de membre à part entière du groupe des pays les plus puissants de la planète.Le sommet de Denver constitue une consécration pour le président russe: à force d’insistance, il a obtenu d’être accepté sur un quasi-pied d’égalité au sein de ce club très élitiste, où il n’avait été admis tout d’abord que le temps de deux repas, à Munich en 1992.Aussi, M. Eltsine a-t-il eu à cœur de jouer parfaitement son nouveau rôle, y mettant le zèle d’un élève...