Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La Pologne s'apprête à vérifier le passé de sa classe politique

VARSOVIE, 20 Juin (AFP). – Huit ans après la chute du communisme et trois mois avant les législatives de l’automne, la Pologne s’apprête à «vérifier» le passé de sa classe politique avec une loi qui obligera les anciens collaborateurs des services spéciaux communistes à se dénoncer eux-mêmes.
La loi a été votée récemment et signée, selon des sources bien informées, par le président Aleksander Kwasniewski, malgré une ferme opposition de ses anciens camarades de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD, ex-communiste, au pouvoir). Elle prévoit que les hommes au pouvoir et les candidats aux législatives déposent auprès d’un tribunal spécialement créé à cet effet une déclaration portant sur leur collaboration éventuelle avec les services spéciaux communistes entre 1944 et 1990.
M. Kwasniewski a annoncé officiellement et expliqué sa décision à la nation dans un discours télévisé, mercredi soir.
Le texte vise le président de la République et ses collaborateurs à la présidence, les mem-bres du gouvernement – le premier ministre, les ministres, les vice-ministres, les directeurs de département et les voïvodes (préfets), ainsi que les juges, les procureurs et les membres du Tribunal constitutionnel, de la Cour suprême et de la Chambre suprême de contrôle.
Les déclarations des candidats au Parlement seront publiées au début de la campagne électorale. Qu’ils aient eu ou non des liens avec l’ancienne police politique (UB, devenue ensuite SB), tous pourront se présenter au verdict des urnes.
Le tribunal vérifiera les déclarations seulement après les élections. Tout mensonge ou omission privera son auteur de son mandat et de la possibilité de remplir pendant dix ans des fonctions publiques.

Problème complexe

La gauche ex-communiste au pouvoir explique son opposition à la loi par le danger qu’elle représenterait pour les services spéciaux existants. «Qui voudra aller travailler dans l’espionnage ou le contre-espionnage avec une loi pareille?», se demande le porte-parole du SLD, M. Andrzej Urbanczyk.
Le premier ministre Wlodzimierz Cimoszewicz et le ministre de l’Intérieur Sbigniew Siemiatkowski, tous deux des proches du président, se rangent eux aussi parmi les adversaires de cette loi.
Selon ses partisans, dont le parti paysan PSL (au pouvoir), la vérification permettra enfin de mettre fin à des pressions à l’encontre d’hommes politiques, devenues pratique courante. «Il s’agit d’éventuels cas de chantage par les services spéciaux polonais aussi bien que de ceux par des services étrangers qui avaient pu se procurer des dossiers secrets après la chute du communisme en Pologne» estime Bogdan Pek du PSL.
Le problème est toutefois complexe: une grande partie des archives a été détruite par les communistes avant et après 1989, et certains dossiers risquent d’avoir été falsifiés à des fins politiques.
Plusieurs projets de «loi de vérification» avaient été lancés en Pologne. La liste des agents secrets, publiée par l’ancien ministre de l’Intérieur Antoni Macierwicz, sur laquelle figuraient d’éminentes figures de l’opposition anticommuniste, dont Lech Walesa, avait précipité la chute du gouvernement de droite de Jan Olszewski en 1993.
La République tchèque avait été le premier pays de l’ancien bloc communiste à avoir réglé ce problème. Depuis l’introduction d’une loi dite de décommunisation, 10.000 anciens agents avaient été dénoncés et exclus de la vie politique. L’ex-RDA avait créé l’institut du pasteur Gauck qui a permis d’opérer une décommunisation de la fonction publique.
VARSOVIE, 20 Juin (AFP). – Huit ans après la chute du communisme et trois mois avant les législatives de l’automne, la Pologne s’apprête à «vérifier» le passé de sa classe politique avec une loi qui obligera les anciens collaborateurs des services spéciaux communistes à se dénoncer eux-mêmes.La loi a été votée récemment et signée, selon des sources bien informées, par le président Aleksander Kwasniewski, malgré une ferme opposition de ses anciens camarades de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD, ex-communiste, au pouvoir). Elle prévoit que les hommes au pouvoir et les candidats aux législatives déposent auprès d’un tribunal spécialement créé à cet effet une déclaration portant sur leur collaboration éventuelle avec les services spéciaux communistes entre 1944 et 1990.M. Kwasniewski a...