C’est Jacques Tajan qui, le premier, a donné du marteau lundi soir, en dispersant, dans les salons de l’hôtel George V, 93 tableaux modernes, dont une scène tauromachique de Picasso, datée 1939, estimée 5 millions de francs (900.000 dollars).
On s’y disputait également la «Femme entrant dans l’eau» (1931) de Chaîm Soutine (estimée à 5/6 millions de francs), des huiles de Kees Van Dongen, Bonnard, Marquet, ou de Chirico (estimées quelque un million de francs).
Le 17, débute à Drouot-Montaine la vente-phare de la saison, la dispersion pendant deux jours par Francis Briest de la collection de tableaux impressionnistes et modernes, de livres, manuscrits, autographes et photos d’artistes des galéristes Henriette et André Gomès.
Cette collection comprend notamment une huile de Tanguy, 35 œuvres de Balthus (huiles, dessins, études et aquarelles), 30 œuvres de Picasso (dont 12 céramiques), 9 Miro, 23 Hélion, 10 Jacques Hérold, 26 Fénosa, 6 Germaine Richier, 24 Brauner, 8 Léger et deux dessins de Matisse.
Henriette et André Gomès, découvreurs acharnés et en dehors des modes, qui furent liés d’amitié à de nombreux artistes du XXe siècle, ont largement contribué à l’enrichissement des collections des musées nationaux.
Parmi les chefs-d’œuvre proposés figurent un important papier collé de Picasso, «L’Espagnol» (1913), estimé entre 4 et 6 millions de francs. Le produit de la vente Gomès devrait se situer entre 25 et 30 millions de francs.
Madame X
Le 18, l’Etude Piasa entrera en piste à Douot-Richelieu en proposant d’importants tableaux des XIXe et XXe siècles, dont le «Portrait de Julie Manet», un pastel de Berthe Morisot, des «Bateaux au port» de Pierre Bonnard et plusieurs huiles d’Eugène Boudin.
Le commissaire-priseur Jacques Tajan, après sa première vente de tableaux modernes, lundi, reviendra à la charge au George V mardi avec des tableaux anciens, de l’orfèvrerie, des objets d’art, et du bel ameublement.
Parmi les œuvres vedettes figurent un paysage de fantaisie de l’Italien Bernard Bellotto, daté vers 1765, estimé entre 7 et 9 millions de francs ainsi qu’une grande nature morte du Hollandais Pieter Claesz et Roelof Koets (entre 800.000 et 1,2 million de francs).
Le 20, Francis Briest reviendra à Drouot-Montaigne pour disperser les 200 céramiques des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ayant appartenu au pharmacien parisien Louis Cotinat (1914-1996) et qui constituent la plus importante collection privée européenne de faïences et d’objets pharmaceutiques.
Cette collection, issue de tous les grands centres français et italiens de céramique, compte notamment le fameux vase Albarello toscan (vers 1500) et des pots attribués à l’atelier de Daniel Olivier (Montpellier vers 1600).
Enfin, Briest dispersera la collection de Madame X, comprenant des tableaux abstraits et contemporains d’Arman, Boltanski, Paladino et Spoerri.


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